Une information du magazine allemand Der Spiegel, à paraître lundi, affirme que la chancelière allemande et les premiers ministres italien, espagnol et britannique se seraient entendus pour ne pas recevoir François Hollande avant le second tour de l’élection présidentielle.
A la suite du conseil des ministres franco-allemand du 6 février, Angela Merkel avait déjà apporté officiellement son soutien à Nicolas Sarkozy, qu’elle fasse aujourd’hui campagne auprès des principaux dirigeants conservateurs européens pour son poulain français n’a donc rien de surprenant.
Nous pouvons d’ailleurs comprendre les raisons qui motivent un tel engagement. Outre la peur du changement qui habite toutes les chancelleries, la volonté de François Hollande de renégocier le traité européen de stabilité ne pouvait qu’indisposer la chancelière allemande qui croyait en être quitte avec les quelques concessions faites au président français.
Pourtant ce soutien ne sert pas Nicolas Sarkozy. Il souligne la faiblesse du candidat UMP face au candidat PS. Il faut sauver le soldat Sarkozy semblent ainsi affirmer les principaux dirigeants européens. Une attitude qui ne peut qu’indisposer une majorité de l’électorat français qui refuse de se voir dicter ses choix de l’étranger, fusse-t-il européen !
Jean-Christophe Cambadélis (secrétaire national du PS) a beau jeu de souligner qu’Angela Merkel « n’a pas eu la même humeur pour monsieur Orban », le Premier ministre hongrois, dont une série de lois renforçant son pouvoir avait été critiquée par l’Union européenne. François Hollande serait-il plus dangereux en voulant ajouter au plan d’austérité européen un volet traitant de la relance ?
Il est surprenant que ce cartel de dirigeants européens n’ait pas conscience, qu’au-delà du candidat Sarkozy, c’est aussi l’idée européenne qu’ils affaiblissent un peu plus. L’arrogance et le mépris dont ils font preuve à l’égard de François Hollande ne peuvent que se retourner contre eux. Il y a assurément meilleure manière de poursuivre la construction européenne.
La chancelière allemande ferait mieux de se raviser et de recevoir d’ici la fin du mois de mars François Hollande. Cela vaudrait tous les démentis à l’information de Der Spiegel. Il n’est pas interdit en démocratie, quand on est la dirigeante d’un grand pays comme l’Allemagne, de manifester sa préférence pour un candidat tout en maintenant le contact avec le principal adversaire de celui-ci.
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