La perte du triple A n’est pas une catastrophe nationale. En revanche, elle est un échec politique cinglant pour Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’avait-il pas fait de la défense du triple A une « obligation » en assimilant cette note à un « trésor national » ? Une fois encore une promesse du président sortant n’aura pas été tenue et les Français auront trinqué en vain ces dernières années. En effet, à lire les arguments invoquées par l’agence Standard & Poor’s pour justifier cette dégradation, on s’aperçoit que la politique de rigueur menée par le gouvernement français en serait à l’origine. La réforme des retraites, l’augmentation de la TVA, le blocage des salaires dans la fonction publique, Le déremboursement des médicaments, la baisse des dotations à destination des collectivités territoriales s’attaquent au pouvoir d’achat et empêchent toute reprise de l’activité économique sans réellement faire baisser de manière significative l’endettement du pays. Outre des choix économiques et financiers qui ne répondaient pas à la situation, Nicolas Sarkozy aura commis une erreur supplémentaire en fanfaronnant sur sa lutte pour maintenir le triple A. N’a-t-il pas ainsi renforcé la dépendance de la France à l’égard de ces agences de notation et souligné l’impasse dans laquelle il nous a conduit depuis cinq ans ? La finance internationale, en plus de balayer d’un revers de main les gesticulations du président français, a bel et bien pris le pouvoir. Il appartiendra au candidat de la gauche qui sera élu le 6 mai de rompre avec cette logique infernale.
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