Le retour d’Ulysse crée au PS une certaine agitation. Les uns s’enthousiasment, les autres ont la trouille de voir leur petite soupe tourner à l’aigre. Il me semble toutefois que DSK ne soit pas en situation. Les charges qui pèsent sur lui ne sont pas encore levées, même si cela ne saurait tarder. Son image auprès des Français en sort profondément altérée. Le libertinage affiché passe encore mal. N’est pas Casanova sans dommage dans un pays qui vire depuis une dizaine d’années à l’ordre moral ! Et puis, a-t-il réellement l’envie d’être candidat après cette épreuve ? Le Monde de ce week-end fait un portrait intéressant d’un homme qui a toujours flirté avec la limite tout en croyant à sa bonne étoile.
Mais après tout, l’onde de choc passée, qui sait ? Les Français aiment les victimes qui finissent par triompher, ces héros qui empruntent à la mythologie, que le sort a mis à terre et qui se relèvent le corps couvert de cicatrices ! Notre histoire en recèle de ces « mythologies » des temps modernes telles que Roland Barthes les théorisait. Un homme politique, riche et puissant, s’offre une jeune prostituée liée à la Mafia dans la suite d’un hôtel de luxe new-yorkais avant d’embarquer pour Paris… et cette banale histoire se transforme en un thriller international que le plus mauvais des romanciers n’aurait jamais osé écrire. Seule la vie peut ainsi saisir la fiction. C’est en définitive ce qui plaît et maintient le lecteur en haleine. Les média l’ont bien compris.
Aujourd’hui la décision d’un retour de DSK n’appartient pas au PS qui avait promptement enterré son champion, mais bien à ce dernier à condition que le procureur abandonne toutes les poursuites. Le reste est spéculation… Pour moi, j’ai fait le choix de soutenir Martine Aubry. Je ne changerai pas de position, à moins qu’elle renonce. Les coups bas dans cette campagne vont pleuvoir. Il serait peut-être temps de faire bloc et d’éviter les initiatives intempestives et les déclarations où l’hypocrisie le dispute à la bêtise.
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