« La loi Hadopi rejetée à la surprise générale |
Accueil
| Grand Paris : les silences du Président »
« Le coq est le seul animal qui les deux pieds dans la merde chante encore », disait un humoriste célèbre. Il lui suffit d’un bon tas de fumier dominant le poulailler pour en imposer à ses congénères. Nicolas Sarkozy n’a même plus à forcer son talent pour s’identifier à l’emblème gaulois qui souvent orne nos fermes et nos clochers. Il se verrait bien en maître du monde, mais la place est déjà prise par Barack Obama. Même si ce dernier « n’a jamais géré un ministère », lui voler la vedette sera bien difficile. Il reste alors l’Europe où le président français pourrait laisser libre court à ses envies, mais là aussi la concurrence est rude. José Manuel Barroso et Angela Merkel ne lui offrent pas tout l’espace qu’il souhaiterait. Il n’y a plus alors que la bonne vieille méthode du discrédit pour se frayer une place. « Barroso a été totalement absent du G20 » et Angela Merkel, « quand elle s’est rendue compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position ». Et pourquoi pas ! Tout cela serait risible si ce n’était inquiétant. Arrivé au plus haut sommet de l’Etat, Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas en avoir fini avec son complexe de dernier de la classe qui a réussi à forcer le destin. Rien ne peut dès lors l’arrêter dans la surenchère, et cela d’autant plus que la plupart des médias complaisants lui renvoient l’image qu’il attend. Ne serait-il pas temps quand même de s’interroger sur une attitude qui dessert la France dans le monde et dont l’efficacité politique intérieure est douteuse au regard des résultats obtenus ? Au-delà des effets d’annonce à l’emporte-pièce, qui est en mesure de citer une réforme de ce début de quinquennat qui ait réellement apporté un mieux aux Français ? Jusqu’au plan de relance, dont le ministre Devedjian se félicitait ces jours derniers, qui semble bien maigrelet face aux enjeux du moment et dont les rares effets ne se feront sentir que dans deux ou trois ans. En fait, Nicolas Sarkozy, sans l’avouer, compte beaucoup plus sur les efforts américains et allemands pour relancer l’économie mondiale. Comme ces derniers bénéficieront aussi à l’économie française, il pourra s’en approprier les mérites. En attendant, il reste au président français à faire du Sarkozy, sans d’ailleurs que cela n'inquiète le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, plus prompt à dénoncer les malades imaginaires du camp adverse.
Quand les affaires de poulailler deviennent des affaires d'Etats !
Rédigé par: Teuteuf | 30 avril 2009 à 11:50