Le Président de la République est attendu vendredi 13 mars à 10 heures au centre hospitalier de Rambouillet pour vanter les mérites de la loi « Hôpital, santé, patients et territoires » qui organise le démantèlement du service public de santé. En voulant gérer l’hôpital comme une entreprise privée, non seulement avec la tarification à l’activité (T2A), mais aussi avec la naissance des pôles hospitaliers et la « nouvelle gouvernance », la situation des hôpitaux publics en Ile-de-France et sur l’ensemble du territoire national s’est considérablement dégradée. Pour la première fois de l’histoire de l’hôpital, le plan Bachelot prévoit le licenciement de 20 000 personnes dans les établissements publics de santé, alors même qu’il manque partout du personnel ! Les cliniques privées qui trient les patients et sélectionnent les interventions les plus rentables peuvent se frotter les mains. Au cours des dix dernières années, 100 000 lits d’hospitalisation ont été fermés sans que cela améliore les finances hospitalières puisque les déficits ne font que se creuser. Plus grave encore, nous manquons de ce fait de plus en plus de lits pour soigner les patients. Patrick Pelloux (Président de l’association des médecins urgentistes de France) parle dans ce domaine de « pénurie(…)absolument délirante ». L’hôpital de Rambouillet n’est guère mieux loti que les autres en Ile-de-France : déficit financier, sous-effectifs, ambiance de travail tendue. Les personnels ne devraient pas manquer cette occasion pour interpeller le Président de la République sur les maux de l’hôpital. Autres salariés qui ne devraient pas se gêner pour manifester lors de la venue du Président : ceux de Continental. En effet, l’entreprise se situe à quelques centaines de mètres de l’hôpital et est vouée à moyen terme à disparaître. Les 382 suppressions d’emplois annoncées au « plan de sauvegarde de l’emploi » anticipent le retrait définitif de l’équipementier automobile. Curieusement dans le plan de relance de l’automobile annoncé par le gouvernement, il n’y a pas de mesures significatives en direction de ce type d’entreprise. Tout va aux grands groupes de l’automobile qui continuent, à l’exemple de PSA, de réduire leurs postes de travail. Nul doute que cette « anomalie » sera rappelée au Président !
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