Travailler le dimanche ? Non, merci !
Le Président de la République veut développer le travail du dimanche au prétexte d’accorder aux Français une liberté supplémentaire : celle de pouvoir « aller faire (ses) courses dans des magasins qui sont ouverts et pas systématiquement fermés ». C’est toujours très simple, pour ne pas dire binaire, avec Nicolas Sarkozy. Les Français veulent faire leurs courses le dimanche (ce qui reste à démontrer), ouvrons les magasins. On trouve alors un brave député UMP, bien instrumentalisé par le lobby des grandes surfaces, qui a envie de faire parler de lui, et c’est parti. Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône, dépose au mois d’août une proposition de loi qui va dans ce sens. La crise financière tombe à point pour allumer le deuxième étage de l’argumentation : « ouvrir les magasins le dimanche, c’est un jour de croissance en plus et un regain de pouvoir d’achat ». Et pourtant, rien n’est moins sûr. Pour la plupart des experts économiques, l’ouverture des commerces le dimanche n’entraînerait qu’un déplacement de l’activité commerciale. Les achats effectués ce jour-là ne le seraient plus en semaine et les grandes chaînes de magasins pouvant rester ouvertes sept jours sur sept en seraient les seules bénéficiaires. Quant aux salariés l’extension du travail dominical risque de se traduire par de nouvelles contraintes rendant illusoire la liberté de choix. Rien n’empêchera, par exemple, un directeur de magasin de préférer à l’embauche un employé qui accepte de travailler le dimanche plutôt que celui qui le refuse. Il est alors clair que le travail le dimanche deviendra de fait une obligation. En plus, la question ne se pose pas seulement en termes de pouvoir d’achat. C’est aussi celui du choix de vie. Est-il absurde de penser que le dimanche puisse être réservé à des activités éloignées de la consommation : sport, repos, spiritualité, convivialité, vie de famille ? N’y aurait-il pas une contradiction de fond à supprimer l’école le samedi matin pour que les enfants puissent rester avec leurs parents, comme l’a affirmé le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, et envoyer les salariés travailler le dimanche pour qu’ils puissent arrondir leur fin de mois, comme le souhaite le ministre du Travail Xavier Bertrand ? En fait, aucun argument ne justifie le travail généralisé le dimanche, sauf à vouloir favoriser les grandes surfaces au détriment du commerce de proximité. Jusqu’où la consommation de masse imposera-t-elle à notre société ses normes avec la complicité d’hommes politiques qui ont perdu tout sens des valeurs humaines ? Résistons !
Je suis plutôt partisan de l'ouverture des magasins le dimanche, mais je crois qu'au final vous avez raison. Si le travail le dimanche se généralise, il risque de ne plus être un choix mais une obligation. Et cela ne peut être considéré comme un progrès social!!Alors restons-en à des autorisations d'ouverture exceptionnelles lors des fêtes de fin d'année par exemple.
Rédigé par: Gaëlle | 15 novembre 2008 at 19:53