Nicolas Sarkozy : une conversion en trompe-l’œil
Nicolas Sarkozy est satisfait. La crise financière lui permet de se donner une image de grand pourfendeur du capital après en avoir vanté les louanges et goûté les plaisirs sur les ponts des yachts de ses amis. Le libéral, qui voulait introduire en France pendant la campagne électorale des prêts hypothécaires à l’américaine, se serait-il converti en quelques semaines au retour de l’Etat dans la sphère économique et sociale ? Rien n’est moins sûr si on y regarde de près. Toutes les mesures prises ces derniers jours n’ont que l’apparence d’un retour de la puissance publique. Les 360 milliards d’€ du plan de sauvetage des banques ne peuvent être assimilés à un investissement de l’Etat dans le système bancaire français, il s’agit seulement d’une caution. Les 10 milliards d’€ réellement mis à disposition auprès des banques par l’Etat correspondent à un prêt qui ne va pas jusqu’à une prise de participation de ce dernier. Il se prive ainsi de tout moyen de contrôle efficace en n’entrant pas dans les conseils d’administration de ces établissements bancaires par le biais d’une « nationalisation partielle ». Les Américains et les Britanniques, pourtant réputés ultra libéraux, n’ont pas hésité à nationaliser les grandes banques ou certains organismes de crédit en difficulté. Nicolas Sarkozy a beau vouloir mobiliser les trésoriers payeurs généraux pour vérifier que l’argent public est bien employé, cette mesure ne sera pas d’une grande efficacité faute de pouvoir peser sur les choix stratégiques des dirigeants des banques. Le Président le sait pertinemment. Il fait de la communication en espérant que le pic de la crise financière est derrière nous. En revanche, ce qui est bien devant nous, c’est la crise économique et sociale. Là encore, il faut donner l’impression que l’Elysée anticipe et fait tout pour endiguer les suppressions d’emplois. Rien de tel pour cela qu’un bon vieux discours volontariste : tout dans le style, mais pas grand-chose sur le fond. Le plan exceptionnel de relance de l’emploi devra se contenter de quelques mesures pas très fraîches, à l’exemple du retour en force des emplois aidés, mais qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. On peut une fois encore constater que Nicolas Sarkozy renie ses déclarations de campagne et revient sur la suppression de ces emplois en très grande partie financés par la puissance publique, mais dans le même élan il fait tout pour relativiser la portée de sa mesure en expliquant qu’on ne fera que revenir au nombre d’emplois aidés qui existaient sous le gouvernement Villepin. Il est clair que le Président de la République ne s’est pas converti aux vertus de l’Etat-providence, ni même à un keynésianisme tempéré. Il n’en revendique pas moins son pragmatisme, mais dans les faits il maintient le cap idéologique libéral qui a toujours été le sien. Il poursuivra sa politique de démantèlement du service public : la révision générale des politiques publiques (RGPP) sera accélérée avec pour objectifs de continuer à faire le plus d’économies possibles, 13 500 postes d’enseignants seront supprimés au budget 2009, La Poste verra l’ouverture de son capital, première étape vers sa privatisation. Une seule concession néanmoins : on laissera filer un peu le déficit budgétaire, comme avait pu le faire sans le dire Ronald Reagan aux Etats-Unis dans les années quatre-vingt, mais sans pour autant mettre en place une politique de relance. La France et les Français ont du souci à se faire !
L’enjeux du Nouveau Breton woods est sur la table!
L'économiste Jean-Luc Gréau dans un interview donner au Nouvel Obs du 30 octobre, dénonce le Faux Nouveau Bretton Woods de la City.
« N. O. - Que peut-on attendre d'un nouveau Bretton Woods ? Quels rôles peuvent jouer les pays émergents ?
J.-L. Gréau. - De deux choses l'une. Ou bien le nouveau Bretton Woods s'inscrit dans la lignée du précédent, qui tendait à stabiliser le monde du point de vue économique, monétaire et financier pour favoriser la prospérité, l'emploi et le progrès matériel, intellectuel et moral des populations. Ou bien il procède d'une tentative de soumettre, plus encore que ce n'était le cas au moment où la crise a surgi, les entreprises et les populations aux exigences maintenues des opérateurs financiers préalablement sauvés par les Etats. Les pays émergents ont un rôle à jouer dans la mesure où ils favoriseront la naissance de ce monde multipolaire, plus équilibré et plus stable, dont nous avons besoin. »
Face à la situation historique et révolutionnaire que nous sommes entrain de vivre, il ne faut pas céder à la tentation de certains agitateurs qui pensent que du chaos naitra une plus belle société. Du Chaos sortira qu’une autre loi de la jungle ou le plus faible sera toujours le perdant.
Nous devons aussi dire non au faux nouveau bretton woods proposé par Gordon Brouwn et ses amis, qui essayent d’imposer brutalement un contrôle totale sur l’économie par la haute finance international de la City et Wall street.
Nous devons au contraire nous mobiliser autour de la mise en faillite du système actuel.
Rédigé par: David C. | 06 novembre 2008 at 01:42