Ma Photo
Blog powered by TypePad

« octobre 2008 | Accueil | décembre 2008 »

27 novembre 2008

Audiovisuel public : la régression démocratique

Au cœur du débat sur la réforme de l’audiovisuel public, deux questions sont âprement débattues : la suppression de la publicité sur les chaines publiques et la nomination des présidents par l’exécutif après avis conforme du CSA.

Il est difficile de ne pas voir dans ces mesures à la fois une tentative d’affaiblissement du secteur public au profit du secteur privé et une reprise en main par le pouvoir.

 

La suppression  de la publicité pose à terme la question de la pérennité du financement. Si la ministre de la Culture et de la Communication a assuré que le manque à gagner, estimé à 450 millions d’euros, serait  intégralement compensé en 2009, rien ne garantit qu’il en sera ainsi dans les années suivantes.

Les chaines privées, à l’instar de M6 et TF1, peuvent être satisfaites. Elles récupéreront la manne publicitaire et verront peut-être, si l’amendement présenté par les députés de la majorité est adopté, la diminution de moitié des taxes qu’elles devaient verser au secteur public.

 

Enfin, en dessaisissant le CSA de la nomination des présidents, un lien direct est à nouveau établi entre le pouvoir politique et l’audiovisuel public. Si ce n’est pas le retour à l’ORTF des années soixante, cela y ressemble fort. Une forme de régression démocratique s’effectuerait si ce texte était voté.

 

22 novembre 2008

Cela suffit !

Il faut savoir arrêter un congrès et remiser sa camaraderie belliqueuse au vestiaire. Si on peut comprendre la déception des vaincus, il est difficile d’accepter certaines accusations. Quant à un troisième tour de scrutin, cela tient du mauvais gag. La raison doit aujourd’hui l’emporter. Le processus du congrès est allé à son terme. Martine Aubry, après une nuit à rebondissements, l’emporte officiellement de 42 voix sur Ségolène Royal. La démocratie exige que nous acceptions ce résultat. Cette division du parti socialiste en deux parts égales était écrite dans la comédie rémoise, et bien naïf qui pensait en sortir avec le vote des militants. En ne voulant pas trancher nettement, ni lors du vote sur les motions ni pour élire notre première secrétaire nationale, nous condamnons nos dirigeants à s’entendre. La responsabilité de Martine Aubry sera donc de mener la rénovation du PS sans réelle majorité au sein des instances nationales. La mission est des plus périlleuses sans être impossible pour autant. Il n’y a de toute façon pas d’autre choix, à moins d’abimer le parti dans une guerre des deux roses et de le condamner à termes à jouer les figurants sur la scène politique française. Ce scenario serait catastrophique. Les Français ont aujourd’hui besoin d’une opposition solide et crédible à la droite. Construisons-là ensemble !

15 novembre 2008

Reims : le congrès des dupes ?

2919108548_b5b751254d Le congrès de Reims bat son plein. Les orateurs à la tribune entretiennent le feu tandis que dans les couloirs les négociations vont bon train. La fumée blanche d’une synthèse s’éloigne, mais la nuit peut être propice à toutes les surprises. Le rassemblement des motions Delanoë, Aubry et Hamon a du plomb dans l’aile, tandis que Royal, bravache, affirme sa détermination à aller devant les militants pour qu’ils tranchent le nœud gordien. Un congrès socialiste a sa mise en scène, son rythme, ses rebondissements, ses coups d’éclat et au final sa conclusion au petit matin qui souvent ne fait que confirmer la relativité de l’exercice. Cela dure depuis plus de cent ans, pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? La crise ? Quelle crise ? Celle du socialisme ? De la finance ? Du capitalisme ? Mais il en a toujours été ainsi ! Je relisais les discours prononcés au XXXe congrès de la SFIO à Paris en 1933. Les orateurs évoquaient déjà la crise du socialisme et la fin du capitalisme. Certains, comme Adrien Marquet (député-maire de Bordeaux) ou Marcel Déat (député de Paris), voulaient remettre de l’ordre et de l’autorité, rénover le vieux parti et bousculer un peu les dogmes pour épouser leur époque. Léon Blum n’hésitait pas devant tant d’audace à se dire « épouvanté » par ces néo-socialistes. La querelle des anciens et des modernes tourna à l’avantage des premiers. Ce qui permit ensuite le rassemblement populaire du 14 juillet 1935 et le triomphe l’année suivante. Il en fut de même à la fin des années soixante-dix entre la gauche dite « archaïque » conduite par François Mitterrand et la seconde gauche « moderne » incarnée par Michel Rocard. La victoire de la première entraîna l’alternance politique de 1981. Il en est ainsi au parti socialiste quand la querelle entre les anciens et les modernes s’exacerbe, le débouché politique est proche. Une seule condition semble toutefois nécessaire : que les anciens l’emportent et sachent ensuite rassembler. Ce congrès, qui a toutes les chances d’être une fois de plus celui des dupes, peut-il encore remplir cette fonction ? Une nuance de taille existe toutefois : en 1933 ou en 1979, le parti socialiste n’avait pas de réel problème de leadership. Blum ou Mitterrand avaient le charisme suffisant pour imposer leurs vues à défaut de faire taire toute contestation

13 novembre 2008

Travailler le dimanche ? Non, merci !

Le Président de la République veut développer le travail du dimanche au prétexte d’accorder aux Français une liberté supplémentaire : celle de pouvoir « aller faire (ses) courses dans des magasins qui sont ouverts et pas systématiquement fermés ». C’est toujours très simple, pour ne pas dire binaire, avec Nicolas Sarkozy. Les Français veulent faire leurs courses le dimanche (ce qui reste à démontrer), ouvrons les magasins. On trouve alors un brave député UMP,  bien instrumentalisé par le lobby des grandes surfaces, qui a envie de faire parler de lui, et c’est parti. Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône, dépose au mois d’août une proposition de loi qui va dans ce sens. La crise financière tombe à point pour allumer le deuxième étage de l’argumentation : « ouvrir les magasins le dimanche, c’est un jour de croissance en plus et un regain de pouvoir d’achat ». Et pourtant, rien n’est moins sûr. Pour la plupart des experts économiques, l’ouverture des commerces le dimanche n’entraînerait qu’un déplacement de l’activité commerciale. Les achats effectués ce jour-là ne le seraient plus en semaine et les grandes chaînes de magasins pouvant rester ouvertes sept jours sur sept en seraient les seules bénéficiaires. Quant aux salariés l’extension du travail dominical risque de se traduire par de nouvelles contraintes rendant illusoire la liberté de choix. Rien n’empêchera, par exemple, un directeur de magasin de préférer à l’embauche un employé qui accepte de travailler le dimanche plutôt que celui qui le refuse. Il est alors clair que le travail le dimanche deviendra de fait une obligation. En plus, la question ne se pose pas seulement en termes de pouvoir d’achat. C’est aussi celui du choix de vie. Est-il absurde de penser que le dimanche puisse être réservé à des activités éloignées de la consommation : sport, repos, spiritualité, convivialité, vie de famille ? N’y aurait-il pas une contradiction de fond à supprimer l’école le samedi matin  pour que les enfants puissent rester avec leurs parents, comme l’a affirmé le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, et envoyer les salariés travailler le dimanche pour qu’ils puissent arrondir leur fin de mois, comme le souhaite le ministre du Travail Xavier Bertrand ? En fait, aucun argument ne justifie le travail généralisé le dimanche, sauf à vouloir favoriser les grandes surfaces au détriment du commerce de proximité. Jusqu’où la consommation de masse imposera-t-elle à notre société ses normes avec la complicité d’hommes politiques qui ont perdu tout sens des valeurs humaines ? Résistons !

05 novembre 2008

Obama : du rêve à la réalité

Obamagrad

Au-delà de sa portée symbolique, la large victoire de Barack Obama ne peut faire oublier les difficultés qui attendent le nouveau président des Etats-Unis. Il ne suffit pas de promettre le changement, encore faut-il l’accomplir. Une large majorité d’Américains a souhaité la rupture avec les années Bush et l’émergence d’une Amérique nouvelle incarnée par le sénateur noir de l’Illinois. Si le candidat Obama s’est bien gardé tout au long de sa campagne de faire des promesses démagogiques, il n’en doit pas moins aujourd’hui relever de nombreux défis : relance de l’économie américaine, construction d’un nouveau système de santé, aide aux plus démunis, retrait d’Iran et d’Afghanistan, prise en compte du réchauffement de la planète… La présidence Obama peut changer profondément l’image ternie des Etats-Unis dans le monde. Elle peut aussi être celle de toutes les désillusions. Tout dépendra de la capacité du nouveau président à mener de front les réformes annoncées avec conviction pendant la campagne électorale. Les Américains n’attendent pas des miracles. Ils veulent simplement que l’espoir soulevé ces derniers mois trouve un débouché politique. Cela est toujours le plus difficile.

Nicolas Sarkozy : une conversion en trompe-l’œil

Nicolas Sarkozy est satisfait. La crise financière lui permet de se donner une image de grand pourfendeur du capital après en avoir vanté les louanges et goûté les plaisirs sur les ponts des yachts de ses amis. Le libéral, qui voulait introduire en France pendant la campagne électorale des prêts hypothécaires à l’américaine, se serait-il converti en quelques semaines au retour de l’Etat dans la sphère économique et sociale ? Rien n’est moins sûr si on y regarde de près. Toutes les mesures prises ces derniers jours n’ont que l’apparence d’un retour de la puissance publique. Les 360 milliards d’€ du plan de sauvetage des banques ne peuvent être assimilés à un investissement de l’Etat dans le système bancaire français, il s’agit seulement d’une caution. Les 10 milliards d’€ réellement mis à disposition auprès des banques par l’Etat correspondent à un prêt qui ne va pas jusqu’à une prise de participation de ce dernier. Il se prive ainsi de tout moyen de contrôle efficace en n’entrant pas dans les conseils d’administration de ces établissements bancaires par le biais d’une « nationalisation partielle ». Les Américains et les Britanniques, pourtant réputés ultra libéraux, n’ont pas hésité à nationaliser les grandes banques ou certains organismes de crédit en difficulté. Nicolas Sarkozy a beau vouloir mobiliser les trésoriers payeurs généraux pour vérifier que l’argent public est bien employé, cette mesure ne sera pas d’une grande efficacité faute de pouvoir peser sur les choix stratégiques des dirigeants des banques. Le Président le sait pertinemment. Il fait de la communication en espérant que le pic de la crise financière est derrière nous. En revanche, ce qui est bien devant nous, c’est la crise économique et sociale. Là encore, il faut donner l’impression que l’Elysée anticipe et fait tout pour endiguer les suppressions d’emplois. Rien de tel pour cela qu’un bon vieux discours volontariste : tout dans le style, mais pas grand-chose sur le fond. Le plan exceptionnel de relance de l’emploi devra se contenter de quelques mesures pas très fraîches, à l’exemple du retour en force des emplois aidés, mais qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. On peut une fois encore constater que Nicolas Sarkozy renie ses déclarations de campagne et revient sur la suppression de ces emplois en très grande partie financés par la puissance publique, mais dans le même élan il fait tout pour relativiser la portée de sa mesure en expliquant qu’on ne fera que revenir au nombre d’emplois aidés qui existaient sous le gouvernement Villepin. Il est clair que le Président de la République ne s’est pas converti aux vertus de l’Etat-providence, ni même à un keynésianisme tempéré. Il n’en revendique pas moins son pragmatisme, mais dans les faits il maintient le cap idéologique libéral qui a toujours été le sien. Il poursuivra sa politique de démantèlement du service public : la révision générale des politiques publiques (RGPP) sera accélérée avec pour objectifs de continuer à faire le plus d’économies possibles, 13 500 postes d’enseignants seront supprimés au budget 2009, La Poste verra l’ouverture de son capital, première étape vers sa privatisation. Une seule concession néanmoins : on laissera filer un peu le déficit budgétaire, comme avait pu le faire sans le dire Ronald Reagan aux Etats-Unis dans les années quatre-vingt, mais sans pour autant mettre en place une politique de relance. La France et les Français ont du souci à se faire !

Les photos les plus récentes

  • IMAGE_00113[1]manif 160509
  • RIB_-426-_redimensionner[1]
  • 104-hadopi_1239282430
  • IMAGE_00083[1]manif Sarko 130309
  • Dd60
  • DSC00326
  • Arasement_termin-
  • Logo_france2
  • 27036_jpgtrains
  • 2919108548_b5b751254d
  • Obamagrad
  • Escalierhonneur428_079_lp