Les « Continental » s’offrent le Mondial de l’automobile
Un groupe de salariés de Continental-Rambouillet ont manifesté aujourd’hui au Mondial de l’automobile à Paris. Ils y ont montré une belle énergie combative en réussissant à capter l’attention des médias nationaux. France-Inter à 13 h et France 2 à 20 h ont rendu compte de la situation de l’entreprise rambolitaine. La France entière sait aujourd’hui qu’un plan social entraînant la suppression de 382 postes a été annoncé par la direction. En pleine crise financière, la délocalisation d’une grande partie de la production de l’entreprise en Tunisie n’est donc pas passée inaperçue. A l’heure où l’Etat met plusieurs milliards d’euros sur la table pour sauver le secteur bancaire français, il laissera une fois de plus tout un pan de l’industrie française disparaître. La rencontre entre les représentants du personnel de Continental-Rambouillet et le ministre de l’Emploi Xavier Bertrand n’a pas été d’une grande efficacité. Il est vrai qu’éructer contre le système capitaliste quand on a été si longtemps ses serviteurs zélés relève de la gesticulation. Les salariés de Continental doivent d’abord compter sur leurs propres forces et ne pas se laisser abuser par les propos lénifiants d’un ministre que personne ne connaît en Europe et dont la sphère d’influence ne dépasse guère le territoire d’une sous-préfecture.
En effet, ils ont fait un joli coup médiatique, mais cela ne changera pas grand chose à leur situation, malheureusement. Fallait-il attendre beaucoup du ministre du Travail ? Il dispose de bien peu de leviers pour contraindre une entreprise à ne pas délocaliser. Il paraît que le conseil général a même voté une subvention à l'entreprise. C'est simplet au pays des bisounours cette histoire !
Rédigé par: gérard roger | 11 octobre 2008 at 15:42
Et pourtant on y croyait! On croyait que ce jeune roquet parvenu à la tête de l'état allait chambouler un peu les choses et oser le faire, mais non, ce n'est pas mieux.
Et pourtant il est temps! Il est temps de commencer une action forte pour remettre les pendules des actionnaires à l'heure. On ne peut pas espérer des rendements de capitaux de l'ordre de 10% par an quand la croissance est négative. C'est de la surexploitation de l'homme par l'homme, et comme toute surexploitation, cela mène à un épuissement de la ressource.
On veut 10%, alors il faut baisser le coût salarial. On délocalise alors, mais on continue à vendre le produit le même prix, parce-que le principe est de gagner plus. Ce produit, il est donc hors de question de le vendre là où il est fabriqué, sinon on n'atteind pas les 10% de profit, car on ne paye pas assez les "locaux" pour leur permettre un pouvoir d'achat.
On le réimporte donc là où on a délocalisé. Mais les gens n'ayant plus de travail, il y a moins de ressources financières.
On vend donc moins, et les "copains" aussi. Le "copain" qui voulait aussi ses 10% de gâteau, veut alors délocaliser, et on reboucle!
On génère une baisse de ressources à l'Ouest, on entretien un manque de ressources à l'Est, et ensuite on s'étonne que tout part de travers.
Le principe du profit durable est pourtant simple : il faut savoir donner pour pouvoir récolter. C'est un principe naturel, essayez d'élever un enfant sans lui donner un peu d'amour; essayez de récolter des pommes de terre sans les semer, etc...
Il est temps que les états bloquent ces démentellement du tissu industriel, qui, si nous ne faisons rien, nous amènera droit sur une crise de 29, suivie d'un front populaire de 36 et les suites que l'on connait.
Taxons les sociétés qui délocalisent pour aller faire faire ailleurs ce qui sera vendu ici. Ce n'est pas du protectionisme, c'est du socialisme humain.
Les grands dirigeants de sociétés s'en vantent : ils suppriment 500 emplois ici, pour en créer 2000 ailleurs parce-que tout le monde a droit à un travail. Si d'ailleurs il pouvait y avoir quelques pays où l'esclavage est autorisé, ce serait un paradis pour ces gens, oublient-ils de préciser d'ailleurs.
Non, il faut que ce qui revient chez nous soit taxé à hauteur des différences de salaire pour rétablir l'équilibre.
Ainsi un investisseur "exotique" payant normalement son personnel vendra ses produits chez nous sans pénalité, au même prix que la concurrence.
Ce n'est donc pas du protectionisme, et c'est le seul moyen pour que les pays émergeants puissent se relever.
Rédigé par: Gilbert | 22 octobre 2008 at 15:16
La proposition de Gilbert paraît séduisante, mais la mondialisation actuelle peut-elle permettre qu'un seul pays prenne une telle mesure sans qu'il s'appauvrisse définitivement dans la mesure où les entreprises iront ailleurs, là où ce système n'est pas en place ? Il faut au minimum envisager une telle mesure à l'échelle européenne et encore ! N'oublions pas non plus que la France doit être le deuxième pays au monde en matière d'investissements étrangers (IDE). Cela crée aussi beaucoup d'emplois. La solution n'est-elle pas dans la sécurité sociale professionnelle ou formation tout au long de la vie ? Le système mis en place dans les pays de l'Europe du Nord fonctionne plutôt bien. Les entreprises ont moins de contraintes pour licencier en revanche le salarié est protégé. Pendant les périodes de chômage, il touche son salaire et est en formation. Le retour à l'emploi s'effectue relativement vite. Tout le monde est gagnant : salariés dont la sécurité est grande, entreprises qui peuvent mieux s'adapter et qui ont des personnels bien formés et l'Etat qui voient les déficits liés au chômage se réduire.
Pourquoi la France ne peut-elle pas adopter un système de ce style ?
Rédigé par: Etienne | 23 octobre 2008 at 11:21