Le dépeçage inefficace de l’Etat
Nous y sommes comme prévu. Le plan de rigueur vient d’être annoncé par Nicolas Sarkozy. Le gouvernement, qui s’est entêté dans une politique économique déconnectée des réalités du pays, pouvait-il faire autrement ? Les cadeaux fiscaux aux plus riches ont un coût qu’il faut aujourd’hui payer cash. Le déficit public a atteint les 2,7% du produit intérieur brut. La dette a dépassé les 1210 milliards d’euros et représente plus de 64% du PIB. Il ne reste plus en bonne logique gouvernementale qu’à couper dans les dépenses. Près de 7 milliards d’économie sont annoncées. Le logement, la santé, l’emploi, l’éducation et la formation vont en faire les frais. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est ainsi réaffirmé. Cela se traduira par la poursuite de la suppression des postes dans l’Education nationale, le secteur hospitalier et la police. Autant de domaine, comme chacun sait, où il y a pléthore de fonctionnaires payés à ne rien faire ! Le discours sur la « modernisation » de l’Etat pourrait être compris du plus grand nombre s’il ne s’agissait pas dans les faits de procéder à son dépeçage. Qui peut être contre la fin du saupoudrage inefficace des aides et un recentrage sur les personnes qui en ont le plus besoin ? Qui peut être contre une meilleure collaboration entre l'Etat et les collectivités territoriales (communes, départements, régions) pour mettre en œuvre les politiques publiques ? Mais est-ce réellement de cela dont il est question ? On peut en douter quand l’objectif avoué est d’abord le retour à l’équilibre des finances publiques pour 2012 et de tenir avec deux ans de retard les engagements européens de la France ! Avant d’hypothéquer l’avenir par des coupes claires dans les budgets de l’éducation, la formation, la santé, le logement, ne serait-il pas préférable d’annuler la quasi-totalité du « paquet fiscal » adopté en 2007 ? Cette mesure permettrait de retrouver une marge de manœuvre de 15 milliards d’euros par an à partir de 2009. La moitié de cette somme pourrait être ainsi consacrée au désendettement de l’Etat et l’autre moitié irait au pouvoir d’achat. Revalorisation de 50% de la prime pour l’emploi, réduction du taux de TVA sur les produits de première nécessité, rattrapage du smic et progression de 5% des petites retraites seraient dès lors possibles. Nous pourrions ainsi assainir nos finances, mieux répartir les efforts et relancer la consommation en répondant aux préoccupations des Français.

Je ne sais pas si le dépeçage sera inefficace, mais dans tous les cas cela va faire mal.
Rédigé par: Inès | le 06 avril 2008 à 17:19
Après l'augmentation du gaz de 5% (près de 10% sur l'année), voilà la fin de la carte famille nombreuse. Ce gouvernement n'épargnera rien aux Français!
Rédigé par: Dom | le 11 avril 2008 à 09:52