La faim sans fin ?
Le spectre de la faim revient en force depuis plusieurs mois. « Si les prix de l’alimentation continuent à augmenter, (…) des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim », affirmait la semaine dernière Dominique Strauss-Kahn (Directeur du FMI). La situation est de plus en plus tendue et des émeutes éclatent dans les pays du Sud. Ce fut le cas ces derniers jours à Haïti, en Egypte, au Bengladesh, au Cameroun... Depuis juin 2007, le coût des produits alimentaires a augmenté de plus de 55%. Cette hausse ne fait que commencer tant elle semble liée au développement des biocarburants, à la spéculation sur les cours des matières premières agricoles, à l’évolution des modes de vie et au bouleversement du climat. Ce constat n’incite pas à l’optimisme. L’ONU, dans une note interne, évoque l’incapacité du système d’aide d’urgence à faire face à une crise d’une ampleur jamais connue. Une mobilisation mondiale est nécessaire pour enrayer l’explosion de l’insécurité alimentaire. Mais les pays repus du Nord sont-ils prêts à consentir les efforts nécessaires ? On peut en douter quand on voit dans quelle indifférence ces dernières années le problème alimentaire a été évoqué. S’il prend un tour plus aigu depuis quelques mois, on en oublierait presque qu’en vingt ans jamais la faim et la malnutrition ne furent en régression. Aujourd’hui, c’est près d’un milliard d’êtres humains qui en souffre. Il ne s’agit pourtant pas d’une incapacité à nourrir tout le monde. Notre planète peut très bien porter les récoltes suffisantes pour faire face à une plus grande demande de produits alimentaires. Mais pour cela il faudra bien sortir du système commercial actuel qui fonctionne à l’avantage des pays les plus riches et au détriment des pays les plus pauvres. Quand le FMI impose toujours des plantations d’exportation aux pays du Sud pour leur permettre de payer les intérêts de la dette aux banques des pays du Nord ou quand les Etats-Unis et l’Europe pratiquent les subventions à l’exportation qui laminent les marchés agricoles locaux, le combat est décidément trop inégal. Les déclarations d’intention ne suffiront pas à nourrir l’humanité, il faut des actes et vite !

DSK peut-il faire évoluer une institution comme le FMI ? J'ai des doutes ! Il faut reconnaître toutefois que ces derniers mois le ton a changé à défaut de la politique. Encore un effort !
Rédigé par: Bernard | le 22 avril 2008 à 11:11