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24 mars 2008

Un peu de dignité et de courage face à la répression chinoise au Tibet

Tibet Depuis plus d’une dizaine de jours, la Chine mène au Tibet une répression sans concession. Un important déploiement militaire se poursuit dans la « région autonome » après les violences de la semaine dernière qui ont fait plus d’une centaine de morts. La Chine ne semble pas prête de mettre un terme à sa domination coloniale sur cette région du monde. Outre la relation ancestrale entre les deux Etats, c’est bien parce que le Tibet représente pour la Chine un enjeu géostratégique de grande importance que cette dernière est aussi intraitable. Le Tibet historique représente un quart de la Chine, dix des plus grands fleuves d’Asie y prennent leur source et les ressources minières s’y trouvent en grande abondance. Pour les Chinois, perdre le Tibet porterait en germe la désintégration de leur empire multiethnique. Depuis 1949 et l’affirmation par Mao Zedong de la souveraineté de la Chine sur le Tibet, ce dernier est entièrement dépendant des investissements et des subventions chinoises. Un « génocide culturel », selon l’expression du dalaï-lama, est en passe d’être accompli. La langue est en danger : dans la « région autonome », l’enseignement est en chinois à partir du collège et le tibétain n’est plus utilisé dans l’administration. Les photographies du dalaï-lama sont interdites en public comme en privé, les fonctionnaires d’Etat n’ont pas le droit de pratiquer et des cours d’éducation patriotique sont dispensés dans les monastères. Nous serions aujourd’hui en droit d’attendre de la France, « pays des droits de l’Homme » des mesures concrètes pour protester au moins contre la répression de ces derniers jours. Le premier ministre britannique a dit qu’il recevrait le dalaï-lama à Londres au mois de mai. Berlin a annoncé le gel des discussions sur les questions de « développement » avec la Chine en signe de protestation. La France n’a fait que demander un meilleur accès des journalistes au Tibet et a appelé à un dialogue entre Pékin et le dalaï-lama. Voilà une intervention qui ne nuira pas au développement de relations commerciales avec la Chine et cela d’autant plus que l’Elysée reste favorable à une levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine décidé au lendemain du massacre de Tiananmen en 1989. L’étendard des droits de l’Homme aurait pu être mieux déployé par un pays qui se vante d’en avoir été l’inventeur. Alors parler de boycott des jeux olympiques, voire de la seule séance d’ouverture, vous n’y pensez pas. Nicolas Sarkozy s’est engagé auprès du président chinois Hu Jintao à se rendre en Chine pour les jeux ! Face à une telle mascarade, il est urgent de faire pression sur l’Elysée pour que notre pays retrouve la voie de la dignité et du courage. A quand le dalaï-lama reçu officiellement en France ? Le boycott des jeux olympiques n’est peut-être pas l’action la mieux appropriée, mais que le Président de la République ne se rende pas, par exemple, à la cérémonie d’ouverture, pourrait être un geste fort de protestation contre une répression chinoise dont la violence est de plus en plus patente.

14 mars 2008

La droite fait peur pour sauver les meubles !

La droite fait feu de tout bois pour ne pas voir l’avertissement de la semaine dernière se transformer en vote sanction dimanche. A quelques heures de la fin de la campagne, les déclarations de ses responsables se multiplient pour mettre en garde les Français contre une victoire trop nette de la gauche. Deux arguments reviennent en boucle : l’augmentation des impôts et la suppression des subventions de la part des conseils généraux et régionaux dirigés par la gauche aux communes où le maire serait de droite. Le Premier ministre n’hésite pas, avec le grand sens politique qui le caractérise, à faire passer le message. Il paraît que des élus locaux se sont plaints à lui de souffrir de discrimination de la part de ces affreux socialo-communistes. Selon Henri Pailleux, maire de Coignières et en grande difficulté pour sa réélection dans le canton de Maurepas, « au Conseil régional (Ile-de-France), il faut faire partie du cercle de famille pour en obtenir certaines (subventions) ». Le problème est que ce maire espère obtenir des subventions sans en faire la demande. Si ce cas de figure est un chef d'oeuvre de bêtise, il n’en témoigne pas moins de la très mauvaise foi de certains élus qui n’hésitent pas à essayer de faire assumer aux autres leur peu de dynamisme. Je ne pense pas que le maire UMP de Rambouillet, Gérard Larcher, ait à se plaindre de l’absence de subventions régionales. Ni d’ailleurs le maire UMP de Meaux Jean-François Coppé, ville qui a le plus bénéficié en Ile-de-France de ces mêmes subventions depuis 2004 ! Ce procès, instruit par un Premier ministre en exercice et repris par des élus UMP inquiets pour leur réélection, est indigne. Il traduit bien le désarroi politique dans lequel se trouve aujourd’hui la droite. La seule réponse que les électeurs puissent apporter dimanche, c’est de voter massivement pour les candidats de la gauche.

12 mars 2008

Le Der des Ders est mort

La mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu français de la guerre de 1914-1918, sonne la fin de toute mémoire directe sur un événement qui ensanglanta le début du XXe siècle. L’avènement de la guerre totale fit entrer le monde dans l’ère de la propagande de masse et prépara le lit du fascisme, du nazisme et du bolchévisme. Ce fut une certaine image de l’homme et de la civilisation qui fut remise en cause par ce conflit. La confiance dans le progrès s’en trouva profondément altérée. Pourtant, notre mémoire collective ne retient encore aujourd’hui de ce conflit pour l’essentiel que les conditions de vie et de mort des soldats dans les tranchées. La boue, le froid, les offensives meurtrières, mais aussi la camaraderie du front, les monuments aux morts et les « gueules cassées », appartiennent en propre aux principaux récits de la Grande Guerre. Longtemps hostile à des obsèques nationales, Lazare Ponticelli avait fini par se laisser convaincre à condition que l’ensemble des 8,5 millions de combattants français de 14-18 y soient associés. Le Der des Ders s’en est allé à 110 ans le devoir accompli, lui qui n’a jamais rien demandé. La nation peut-elle s’en souvenir ?

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