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29 février 2008

Pouvoir d’achat : impuissance ou absence de volonté ?

Dsc00396_3 Le pouvoir d’achat des Français est devenu ces dernières semaines un des principaux sujets de débat. Il est vrai qu’il avait déjà été au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle. L’intérêt pour cette question rebondit aujourd’hui au vu des résultats de l’enquête de l’UFC-Que choisir qui annonce des hausses allant au-delà de 40% pour certains produits alimentaires. La ministre de l’économie et des finances a bien tenté de désamorcer la bombe en se rendant dans un hypermarché pour vérifier les prix. Le Premier ministre vient aujourd’hui de reconnaître qu’il existe un problème. Il aura donc fallu au gouvernement près d’un an pour se rendre à l’évidence : les prix augmentent, les salaires stagnent et le pouvoir d’achat moyen des Français ne progresse plus, voire diminue pour certaines catégories sociales. Qu’attend alors le gouvernement pour agir ?  Son impuissance actuelle est liée avant tout à son inaction. Le pouvoir d’achat peut se défendre sur deux fronts : les prix et les revenus. Pour augmenter ces derniers, il dispose de quelques leviers : salaires du public, minima garantis (smic, retraites), allocations familiales, allègements fiscaux et sociaux. Pour les prix dans une économie de marché, c’est plus difficile. Pourtant, ce qui aujourd’hui conduit à une hausse scandaleuse de certains prix relève avant tout des ententes illicites entre les grands groupes de l’agro-alimentaire et de la distribution. La concurrence est en fait faussée pour éviter toute baisse des prix et garantir aux actionnaires les rémunérations les plus élevées. Les consommateurs sont donc les victimes de pratiques mafieuses. La hausse du prix des matières premières est aussi devenue le prétexte d’une augmentation indécente des marges réalisées. Est-il normal qu’une salade achetée au producteur 12 centimes d’euro puisse être revendue jusqu’à 1,5 € au prétexte que les cours du pétrole flambent ! Nous connaissons ces pratiques depuis longtemps. Il n’est pas très compliqué de lutter contre en activant les services de la concurrence et des prix, ainsi que ceux de la répression des fraudes. Faut-il encore se donner les moyens d’être efficace en renforçant les équipes chargées des contrôles ! Nul doute que notre « président du pouvoir d’achat » aura à cœur de réaliser sa promesse.

26 février 2008

De l’Etat de grâce…

L’Etat de grâce pour le Président de la République n’est plus qu’un lointain souvenir. Promesses non tenues, vie privée surexposée, déclarations cacophoniques ont contribué à la chute spectaculaire dans les sondages de sa cote de confiance auprès des Français. Le Sarko-show ne fait plus recette et le Président peine à garder son calme, comme en témoigne sa dernière sortie contre un badaud récalcitrant au salon de l’agriculture. Il y a encore six mois tout lui était pardonné : du Yacht de Bolloré à la Rollex. Aujourd’hui, tout lui est reproché jusqu’à sa mauvaise éducation. Et pourtant,  il s’agit du même homme. Il ne s’était jamais caché avant son élection d’avoir un goût prononcé pour l’argent, de vouloir la peau de la laïcité à la française, de croire obsolète le message républicain au point de lui préférer celui de l’Eglise, de ne vouloir remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite… Le ton, l’énergie du discours et les accents prophétiques du candidat ont masqué le temps d’une campagne le sens réel des propositions et le caractère velléitaire du personnage. Les Français ne tenaient-ils pas là leur homme providentiel ? La tunique était certes un peu grande, mais avec Nicolas Sarkozy, « tout devenait possible », selon son propre slogan de campagne. Cela a d’autant mieux fonctionné qu’en face, les socialistes divisés ont rendu inaudible un projet sûrement mieux adapté qu’on ne le disait à la société française d’aujourd’hui. Aussi la bataille de l’image a-t-elle tourné assez vite à l’avantage du candidat de l’UMP. La dynamique ainsi créée a servi de crédibilité jusqu’à la caricature. Les commentaires de la presse sur le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avant le second tour en témoignent. Alors que cette dernière l’avait assez largement dominé sur tous les sujets, le vainqueur pour la presse ne pouvait être que lui. Il avait su garder son calme, ne pas répondre aux attaques de son adversaire, faire preuve d’un grand sens du concret jusque dans sa péroraison finale, que tout le monde a oublié depuis, où il promettait le remboursement des montures de lunettes par la sécurité sociale ! Encore une promesse non tenue, me direz-vous. Peu importe. Il aurait à l’époque promis la gratuité du logement pour les smicards que les « meilleurs experts » et Madame Boutin en tête seraient venus sur les plateaux de télévision pour défendre le réalisme d’une telle proposition. Mais le smic à 1500 euros à la fin de la mandature proposé par son adversaire, il ne fallait pas y penser. C’était impossible sans mettre en péril toute l’économie française. Si la politique n’est jamais rationnelle, nous avons quand même atteint des sommets en 2007. Le réveil actuel est d’autant plus difficile pour nombre d’électeurs de Nicolas Sarkozy que la croyance n’est pas la meilleure assurance pour l’avenir. S’en rendre compte ne peut que déclencher des poussées d’amertume ! Il ne reste plus alors qu’à brûler ce que l’on a adoré. Les plus critiques seront toujours ceux qui, peu perspicaces en mai 2007, ont aujourd’hui l’impression que leur confiance a été trahie par un sauveur aux petits pieds.

23 février 2008

Ingrid : 6 ans de détention

Betancourt_mela_belle_photo Aujourd’hui, samedi 23 février 2008, cela fait très exactement 6 ans qu’Ingrid Betancourt est otage des FARC. Trop de temps a passé, avec ce qu’il suppose d’usure pour Ingrid et les autres otages, comme pour leurs familles, otages d’une autre façon de cette privation de liberté de leur être cher.

Vous trouverez sur le site toutes les informations nécessaires pour vous joindre à une des multiples manifestations qui auront lieu ce week-end et dans les jours à venir.

www.betancourt.info

contact@ingridbetancourt-idf.com

10 février 2008

La gauche s’est convertie au référendum

L’article 11 de la constitution, qui donne au Président de la République la possibilité de consulter les Français par référendum, ne suscite plus d’opposition à gauche. Tout le monde semble avoir oublié les mobilisations de 1958 contre cette pratique institutionnelle assimilée aux plébiscites napoléoniens. En définitive, il aura fallu les débats autour de la construction européenne de 1992 à 2008 pour constater le ralliement de toutes les composantes de la gauche au référendum. Pas une voix ne manque aujourd’hui parmi ses leaders pour le parer de toutes les vertus démocratiques. Une telle évolution est le premier enseignement du débat sur le traité de Lisbonne. Si peu de monde sait sur le fond ce qu’est réellement ce document - une copie conforme du traité à portée constitutionnelle de 2005 ou un nouveau texte évitant de « graver dans le marbre » le libéralisme - l’unanimité s’est faite à gauche sur la nécessité de recourir pour son adoption à un référendum. Il sera donc ensuite difficile d’aller expliquer qu’une Sixième République qui redonnerait plus de pouvoir au Parlement, qui réduirait les pouvoirs du Président et qui supprimerait le référendum serait un pas vers le nirvana démocratique. La Cinquième République peut donc passer en toute quiétude le cap de ses cinquante ans. Elle risque tout au plus un léger dépoussiérage tant ses principes ont pénétré notre classe politique. Le débat institutionnel de fond est bel et bien clos ! Faut-il encore à gauche en tirer tous les enseignements et savoir reconnaître l’évolution de notre culture politique.

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