Vœux présidentiels : Sarkozy lucide ou cynique ?
L’année politique s’est achevée, comme c’est la coutume depuis le premier septennat du général de Gaulle, par les vœux du Président de la République aux Français. Le service de la communication de l’Elysée avait annoncé un sérieux dépoussiérage, tant sur le fond que sur la forme, de ce type d’exercice. Force est de constater que Nicolas Sarkozy a finalement opté pour une prestation classique. Mais l’important n’est pas dans cette nouvelle promesse non tenue, mais plutôt dans le ton pathétique de son intervention soutenue par des formules aussi creuses que « cette politique de civilisation » qu’il n’hésita pas à invoquer pour définir le sens qu’il voulait donner à son action en 2008. Nous avions connu Monsieur Guaino, l’homme de la mise en bouche présidentielle, mieux inspiré pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! A croire qu’hier le cœur n’y était plus. Il est vrai qu’après huit mois de pouvoir, à l’exception du recul social, le bilan du Président semble bien maigre. Les ressorts d’une communication tous azimuts se sont distendus en direct, laissant entrevoir le vide sidéral de la pensée présidentielle. A tel point, qu’il fallut bien, faute de mieux, recycler les vieux tubes du sarkozisme : énergie, détermination sans faille, petit coup de menton et de tête. Il ne manquait que la Rollex, cachée pour une fois sous la manchette de la chemise. Le discours volontariste de la campagne électorale qui avait su séduire une majorité de Français s’est transformé au fil d’une lecture laborieuse d’un prompteur un peu trop rapide en une supplique inhabituelle. « Ce n’est pas encore ce que je vous avais promis, je le sais, mais donnez-moi encore une chance et vous verrez » ! Tel était au final le contenu de l’intervention de celui qui s’était proclamé quelques mois plus tôt le « président du pouvoir d’achat ». Crise de lucidité ou cynisme achevé ? La réponse en 2008 !

On efface tout avec la conférence de presse, même les 35h. Le lendemain, il n'est plus question de supprimer les 35h. Si quelqu'un y comprend quelque chose, il a de la chance.
Rédigé par: Kevin | le 10 janvier 2008 à 10:02