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30 janvier 2008

Le SMIC en sursis

Le SMIC est aujourd’hui menacé. Si le gouvernement ne souhaite pas le supprimer, il veut néanmoins revenir sur le calcul de son augmentation. Créé en 1970, le SMIC avait vocation à faire profiter chacun des fruits de la croissance. Il augmente ainsi annuellement au minimum de l’inflation plus la moitié du gain d’un ouvrier. Il arrive même que certaines années les pouvoirs publics donnent un petit coup de pouce supplémentaire. Ces « largesses » devraient bientôt cesser puisque Nicolas Sarkozy propose de remettre en cause cette mécanique en supprimant l’indexation automatique sur la croissance. Le SMIC, tel qu’il est calculé, limiterait la création d’emplois.

La France en remettant en cause son calcul, par une loi votée après les élections municipales, irait à contre-courant de l’évolution européenne qui a vu l’Angleterre se convertir au SMIC depuis près de 10 ans et l’Allemagne qui, aujourd’hui, songe sérieusement à lui emboîter le pas. L’échec du fameux « paquet fiscal » de 15 milliards d’euros aurait pu faire réfléchir le gouvernement français sur le bien-fondé de sa stratégie de relance de la croissance. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’enferre dans ses vieilles lunes libérales. Cette mesure, dangereuse pour les smicards dont le pouvoir d’achat ces vingt dernières années a déjà baissé, sera comme les précédentes contre-productives parce que la croissance et l’emploi dépendent avant tout de l’augmentation du SMIC et des petits salaires.

La clef est bien le pouvoir d’achat, non pas des plus aisés, mais de ceux qui sont les plus fragiles : smicards et classes moyennes. Une forte augmentation du SMIC doit être accompagnée par des mesures fiscales toutes aussi significatives : suppression de la taxe d’habitation dans sa forme actuelle, augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine pour financer les retraites par répartitions, abaissement du taux d’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis dans l’entreprise.

Cette politique aurait à la fois le mérite de réduire les inégalités et de relancer la croissance, mais les Français ont élu Nicolas Sarkozy ! Celui qui promettait d’aller « chercher la croissance avec les dents » s’avoue aujourd’hui impuissant. Il est impressionnant de constater comment huit mois de pouvoir peut vous transformer un jeune félin aux dents longues en un vieux matou édenté ! Pour autant, il ne faut pas s’y fier : il lui reste encore les griffes pour déchirer le contrat social.

14 janvier 2008

Le retour de la police de proximité

Le gouvernement réhabilite la police de proximité lancée par Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement. Après avoir signé en 2002 son arrêt de mort, Nicolas Sarkozy revient sur sa décision et propose de mettre en place à titre expérimental des « unités de police des quartiers ». Il est dommage d’avoir perdu cinq années pour des raisons idéologiques et d’avoir attendu une dégradation inexorable de la situation des quartiers pour faire machine arrière. Si les élus locaux approuvent sans réserve cette décision, il faudra néanmoins que les moyens suivent. La région Ile-de-France a participé à la construction de commissariats et de postes de police qui n’ont jamais ouvert leurs portes parce que le ministère de l’Intérieur, contrairement à ses engagements, n’y a pas affecté les effectifs nécessaires.

09 janvier 2008

RESF communique

Un jeune algérien, Reda Semoudi, âgé d'à peine trente ans, a fait une chute mortelle ce mardi matin en tombant du 9ème étage, d'un immeuble de la cité du londeau à Noisy le Sec au cours d'une perquisition menée par la police.
D'après les informations données par sa compagne et ses proches, le jeune homme était sans papier.

La Préfecture de police affirme qu'il avait été interpellé la veille dans le cadre d'une affaire de stupéfiants. Au cours de la perquisition, il aurait " échappé à la
vigilance des policiers" et aurait "sauté par la fenêtre".
Cette version suscite beaucoup d'interrogations :
- Reda sans papiers ? oui, mais présent en France depuis 7 ans,
futur époux d'une femme en situation régulière, bientôt papa, il
avait toute chance de voir son dossier régularisé.
- Reda trafiquant ? sa compagne et ses proches le présentent plutôt
comme un jeune homme sérieux, calme, qui faisait des projets d'avenir.
Dans l'un et l'autre cas, rien n'explique sa mort.
Le Réseau Education Sans Frontière (RESF) présent sur place à côté de la famille de Reda s'associe à leur douleur et partage leurs doutes et leur colère. Il exige que toute la vérité soit faite quant au
respect des procédures et au comportement des forces de police au
cours de ce drame.
Nous voulons savoir pourquoi Reda est mort ce matin.

Pour RESF Noisy-le-Sec RESF 93
Véronique Vaude Jean-Michel Delarbre
01 48 44 97 64 06.89.30.86.15
06 16 99 88 05

01 janvier 2008

Vœux présidentiels : Sarkozy lucide ou cynique ?

L’année politique s’est achevée, comme c’est la coutume depuis le premier septennat du général de Gaulle, par les vœux du Président de la République aux Français. Le service de la communication de l’Elysée avait annoncé un sérieux dépoussiérage, tant sur le fond que sur la forme, de ce type d’exercice. Force est de constater que Nicolas Sarkozy a finalement opté pour une prestation classique. Mais l’important n’est pas dans cette nouvelle promesse non tenue, mais plutôt dans le ton pathétique de son intervention soutenue par des formules aussi creuses que « cette politique de civilisation » qu’il n’hésita pas à invoquer pour définir le sens qu’il voulait donner à son action en 2008. Nous avions connu Monsieur Guaino, l’homme de la mise en bouche présidentielle, mieux inspiré pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! A croire qu’hier le cœur n’y était plus. Il est vrai qu’après huit mois de pouvoir, à l’exception du recul social, le bilan du Président semble bien maigre. Les ressorts d’une communication tous azimuts se sont distendus en direct, laissant entrevoir le vide sidéral de la pensée présidentielle. A tel point, qu’il fallut bien, faute de mieux, recycler les vieux tubes du sarkozisme : énergie, détermination sans faille, petit coup de menton et de tête. Il ne manquait que la Rollex, cachée pour une fois sous la manchette de la chemise. Le discours volontariste de la campagne électorale qui avait su séduire une majorité de Français s’est transformé au fil d’une lecture laborieuse d’un prompteur un peu trop rapide en une supplique inhabituelle. « Ce n’est pas encore ce que je vous avais promis, je le sais, mais donnez-moi encore une chance et vous verrez » ! Tel était au final le contenu de l’intervention de celui qui s’était proclamé quelques mois plus tôt le « président du pouvoir d’achat ». Crise de lucidité ou cynisme achevé ? La réponse en 2008 !

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