Transports : service garanti au minimum !
On ne peut pas dire que la loi adoptée par le Parlement va révolutionner la vie des usagers des transports en commun terrestres. Le débat s’est focalisé sur l’obligation pour les salariés de se déclarer grévistes 48 heures avant la grève afin de permettre à l’entreprise de mieux organiser le service minimum et d’en avertir suffisamment à l’avance ses clients.
La gauche et les syndicats voient dans cette mesure une atteinte intolérable au droit de grève. Les députés socialistes ont même déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel. N’est-ce pas ce que cherchait le gouvernement avide de faire la preuve qu’il agit et respecte les promesses du candidat Sarkozy ?
Pendant ce temps, peu de débat sur le bien fondé de cette loi et surtout, sur le recul qu’elle représente par rapport aux ambitions affichées lors de la campagne présidentielle. Le Président ne souhaitait-il pas un service entièrement assuré aux heures de pointe du matin et du soir ? Il va s’en dire qu’il n’y a rien de tel dans la loi ! D’ailleurs cela aurait été impossible sans contraindre les grévistes au travail : ce type de service nécessite la présence de 90% du personnel de la SNCF et de la RATP. Faute de mieux, les députés n’ont voté qu’un service garanti au minimum.
Après tout ils n’ont fait que tirer les enseignements d’une situation où ce ne sont pas les grèves qui perturbent le plus le trafic et sont à l’origine de la majorité des désagréments pour les voyageurs, mais la vétusté du matériel source de plus de 80% des retards ou des suppressions de rames. Les 15% qui relèvent de la malveillance et les 5% de l’exercice du droit de grève pèsent peu en définitive. Tous les parlementaires qui suivent l’actualité des transports en France connaissent ces ordres de grandeur.
Aussi pour garantir un service de qualité n’y a-t-il qu’une solution : un investissement massif de l’Etat dans les transports en commun pour soutenir l’effort déjà entamé par les régions. Ce n’est malheureusement pas le chemin que nous prenons. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir le nombre de réalisations en matière de transport en Ile-de-France inscrites au Contrat de plan Etat-région (2000-2006) en panne à cause de promesses financières de l’Etat qui n’ont pas été tenues.
Si l’opération politique entreprise par le gouvernement, le temps d’un débat au Parlement, a parfaitement fonctionné puisque cette loi recueille l’assentiment d’une très grande majorité de l’opinion, elle risque dans quelques mois, à l’épreuve des réalités, s’avérer désastreuse quand les usagers des transports se rendront compte que les désagréments sont toujours aussi nombreux. Il y a alors fort à parier que le gouvernement essaiera de reporter sa responsabilité sur les régions. Elections municipales obligent !

Quand on écoute la Droite, il ne faut pas faire d'idéologie... En voilà pourtant une de mesure totalement idéologique et populiste...! Pendant ce temps, l'Etat ne verse pas sa part des contrat de plan Etat-région car la quasi totalité des régions sont à gauche.
Résultat : un sous-investissement chronique dans le chemin de fer, qui oblige à des ralentissements car la voie est obsolète, ou des routes pas entretenues, comme la N184 entre Conflans et Saint-Germain.
Rédigé par: Nicolas | le 06 août 2007 à 14:46
Assez de lois idéologiques qui ne servent à rien. Pour les transports en commun, on veut des actes. Que l'Etat prenne ses responsabilités et fasse les efforts nécessaires pour accompagner les régions !
Rédigé par: Claudie | le 07 août 2007 à 19:03