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26 octobre 2006

Alstom bombardé en Ile-de-France : la démagogie électorale terrassée !

27036_jpgtrains L’annonce de l’attribution au groupe canadien Bombardier du marché de remplacement des trains de banlieue en Ile-de-France a créé une belle émotion. Cela constitue en effet un sérieux revers pour le groupe français Alstom. A croire certains, la France subit par cette décision de la SNCF un incroyable affront.

Etait-il besoin de démontrer avec autant de pertinence que le « patriotisme économique » dont se réclamait le Premier ministre n’était qu’une formule démagogique de plus ? Il faudrait qu’il nous explique pourquoi ce qui était vrai il y a quelques mois ne le serait plus aujourd’hui quand la SNCF choisit Bombardier. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que le principe de réalité fait voler en éclat la démagogie électorale.

Sur un marché aussi important que celui des transports de banlieue au montant de 4 milliards d’€ dont 2,7 milliards pour l’achat du matériel roulant, qui accepterait de payer 400 millions d’€ de plus pour une qualité moindre ? Les 5000 critères utilisés pour comparer les offres de Bombardier et d’Alstom donnaient en majorité, et de loin, la firme canadienne devant la française.

Ce que les démagogues ne disent pas, c’est qu’au final environ 85% du matériel nécessaire seront produits en France et que Bombardier sous-traitera une partie non négligeable du marché à Alstom. Dans cette affaire, l’entreprise française n’est pas à plaindre. Et cela d’autant plus que le même jour nous apprenions qu’elle allait fournir 500 trains à la Chine.

La concurrence est un principe de l’économie de marché. Une notion que les libéraux cocardiers oublient quand cela les arrange et qu’ils ne manquent pas d’invoquer quand il s’agit de licencier du personnel. On ne peut pas s’inscrire dans une démarche de compétition mondiale pour rafler des marchés à l’étranger et ne plus l’accepter quand le résultat n’est pas conforme aux espérances en France.

Dans ce cas précis, les Franciliens qui attendent des trains fiables et confortables se moquent bien qu’Alstom ait perdu ce marché. Le remplacement des vieilles rames en inox dites « petits gris » et des locomotives hors d’âge qui tombent régulièrement en panne commencera en 2009 au rythme de 30 rames par an jusqu’en 2015.

18 octobre 2006

Pitié pour l’histoire !

La fuite en avant sur les lois mémorielles se poursuit. L’Assemblée nationale vient d’adopter une proposition de loi présentée par le groupe socialiste sur la pénalisation de la négation du génocide arménien.

Une fois encore les parlementaires s’arrogent le droit d’écrire l’histoire. Une telle pratique pose indiscutablement le problème de la liberté pour les historiens de travailler à établir la vérité. Comment dans ces nouvelles conditions législatives continuer à employer la méthode historique de la critique des sources sans tomber sous le coup de la loi ?

L’affirmation d’une histoire officielle n’est jamais pour nos sociétés une avancée. Il reste à espérer que dans leur sagesse les sénateurs fassent obstacle à cette dérive. La mémoire des Arméniens massacrés en 1915 mérite mieux que ce mauvais texte qui peut avoir pour effet de freiner l’intérêt que les jeunes historiens français pourraient porter à cette question du génocide.

On peut aussi légitimement se demander si la préoccupation des députés qui ont voté cette proposition de loi est empreinte d’une grande sincérité. S’il s’avère que cette affaire relève d’une démarche électoraliste, alors nous serons en droit de condamner encore plus sévèrement une telle initiative.

A l’heure où l’on déplore l’investissement insuffisant de l’Etat dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, la représentation nationale serait mieux avisée de donner les moyens aux chercheurs d'écrire l'histoire dans sa diversité et sa complexité, plutôt qu'essayer d'imposer une ligne officielle.

09 octobre 2006

Les échos du conseil n° 17

Dsc00332_2 La séance du Conseil régional des 5 et 6 octobre 2006 s’est déroulée dans une ambiance sereine. Quatorze dossiers étaient à l’ordre du jour. Parmi eux quelques uns ne manquaient pas d’importance : le Schéma régional de développement économique, le bilan de la politique culturelle régionale en faveur de la permanence artistique et culturelle, la dotation globale de fonctionnement pour les lycées et le rapport présenté par le groupe socialiste de soutien régional aux jeunes entreprises de biotechnologies.

  1. Le Schéma régional de développement économique de la région Ile-de-France (SRDE) ne peut être dissocié du SDRIF (schéma directeur de la région Ile-de-France) en cours de révision, du Schéma régional des formations et du futur contrat de projet Etat-région. Après une large concertation, nous venons d’adopter ce document qui fixe les grandes orientations du développement économique dans notre région. Le SRDE prend le parti de soutenir une nouvelle dynamique économique, sociale et environnementale, qui place l’emploi au cœur de ses objectifs pour un développement humain et solidaire et la construction d’une éco-région. Trois grands axes stratégiques sont exposés : la mise en place d’une nouvelle dynamique économique riche en emplois utiles, efficaces et de qualité (soutien aux activités à fort potentiel, développement de la l’innovation et de la recherche, promouvoir l’attractivité de l’Ile-de-France…) ; la mise en place d’une nouvelle dynamique réductrice des inégalités sociales et territoriales (aider au développement équilibré des territoires, anticiper et accompagner les mutations et reconversions, soutenir l’économie sociale et solidaire, progresser sur la sécurisation des parcours professionnels…) ; la mise en place d’une nouvelle dynamique environnementale pour la construction de l’éco-région (promouvoir une économie soucieuse de la maîtrise de l’énergie et de la réduction des nuisances, donner au secteur agricole les moyens de son maintien et de son développement, assurer le rôle de « chef d’orchestre » de la région dans la mise en place de cette politique). Les principes du SRDE se déclinent en vingt fiches actions. Le groupe socialiste a insisté lors du débat sur la nécessaire complémentarité entre la compétitivité d’un territoire et les idées de justice sociale et de qualité environnementale. Nous veillerons aussi tout particulièrement aux moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. Pour l’instant, les 70 millions d’euros dégagés au budget nous semblent insuffisants.
  2. La communication de Francis Parny (vice-président à la Culture et aux nouvelles technologies) sur la politique de permanence artistique (spectacle vivant) mise en œuvre depuis l’année dernière laisse apparaître un bilan plutôt satisfaisant. 57 conventions ont été passées avec des troupes ou des structures de spectacle. Elles auront permis la réalisation de 176 résidences et de 184 créations ou reprises de spectacles. Sur le plan de l’emploi, outre la création de 25 emplois-tremplins, 43 postes ont été créés et 14 transformés. Sur ces 57 conventions, 52 seront renouvelées avec certitude. En revanche, le groupe socialiste souhaite une évaluation effectuée par un organisme indépendant dès que le recul sera suffisant, c’est-à-dire d’ici un an. L’aide que nous apportons aux troupes et aux structures de spectacle doit être la plus efficace possible tout en ne grevant pas le budget culture.
  3. La dotation globale de fonctionnement des lycées est destinée à couvrir les dépenses de fonctionnement des établissements scolaires du second degré. Elle s’élève pour 2007 à 119 626 174 € et concerne 468 EPLE (établissement public local d’enseignement). De nombreuses mesures sont reconduites : la gratuité des livres, la dotation de solidarité (majoration de 15% pour les établissements en ZEP, en REP ou classés sensibles par le ministère de l’Education nationale), la complémentarité de 2 € par élève aux frais de communication, l’aide de 5 € par élève aux sorties pédagogiques pour les établissements dispensant des formations artistiques et culturelles et à ceux situés dans le périmètre compris entre les zones 6 et 8 de la carte orange. De la même manière, nous continuons d’aider les actions de la Mission Générale d’Insertion de l’Education Nationale (MGIEN). La DGFL est en augmentation de 1,4%, hors dépenses de chauffage. Ces dernières représentent une enveloppe globale légèrement supérieure à 30 millions d’€, en augmentation cette année de 7%. Le groupe socialiste considère que cette dotation répond aux besoins exprimés dans les lycées. Nous pourrions néanmoins envisager dans les années à venir une plus grande prise en compte de la diversité des établissements que nous avons sous notre responsabilité. Le débat budgétaire sera l’occasion de poser ce problème et d’évoquer aussi dans le détail notre politique éducative qui vise à réduire les inégalités sociales et territoriales.
  4. Enfin, le groupe socialiste au titre de l’article 8 du règlement intérieur du Conseil régional a fait voter un soutien régional aux jeunes entreprises de biotechnologies (aide à la recapitalisation du fonds de pré-amorçage « Genopole 1er Jour »). Nous souhaitons rehausser le niveau de recherche et d’innovation en Ile-de-France dont dépendent la croissance et les emplois de demain.

08 octobre 2006

La vertu perdue de la droite

Me0000066650_1 La nouvelle loi de finances prévoit pour 2007 une baisse des impôts, du déficit et de la dette. Il n’en faut pas plus pour que Le Figaro parle d’un budget vertueux et que le ministre des Finances crie sur tous les toits que la France est sur la voie du redressement. On voudrait tellement les croire ! Mais malheureusement les faits sont têtus. La mandature s’achève dans une débâcle financière et sociale sans précédent.

Depuis 2002, la politique fiscale de la droite n’a fait qu’aggraver les inégalités de revenus. La baisse supposée de la pression fiscale ne concerne guère que l’impôt sur le revenu et l’ISF. « Si le gain est très modique pour les smicards, il est négatif au niveau du salaire médian, mais très élevé lorsque les revenus sont vingt fois supérieurs au SMIC », constatent les députés socialistes  Didier Migaud et Eric Besson.

En fait, la pression fiscale s’est accrue de manière sélective : cadeaux fiscaux pour les ménages les plus aisés et pouvoir d’achat ponctionné pour les autres. Ainsi sur les quelques 17 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, 12 milliards ont touché les Français les plus modestes.  Dans le même temps, la dette publique explosait. Chaque Français a vu ainsi « son endettement » augmenter de près de 2700 euros.

Le gouvernement s’apprête aussi à laisser une ardoise impressionnante : loi Fillon sur les retraites, plan Borloo, plan grand âge, baisse de l’impôt sur le revenu et de la taxe professionnelle, autant de mesures qui ne sont pas à ce jour financées. Il y a de quoi être inquiet pour l’avenir. Le défi qu’attend la gauche, si elle gagne les élections de 2007, n’est pas mince.

La relance du pouvoir d’achat par l’augmentation du revenu des salariés et des retraités les plus modestes, la remise en question des baisses ciblées de l’impôt sur le revenu, le mise à plat des exonérations fiscales aux entreprises dont un rapport récent de la Cour des comptes met en évidence l’inefficacité devront figurer parmi les premières mesures du nouveau gouvernement pour maintenir une protection sociale élevée et un service public performant.

La vertu n’est pas dans une politique fiscale qui privilégie les inégalités, mais bien dans celle qui tente par tous les moyens de les réduire.

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