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30 septembre 2006

La souffrance universitaire

Images_universit La rentrée universitaire ne se fait pas dans l’allégresse. La situation de l’Université et de ses étudiants n’a probablement jamais été aussi mauvaise. Les feux du CPE éteints, les promesses gouvernementales se sont envolées.

Les commissions mises en place au printemps dernier pour réfléchir au devenir universitaire sommeillent. Le rapport du député UMP Laurent Wauquiez remis au Premier ministre en juillet, qui préconisait une refonte des aides sociales pour mieux répondre aux difficultés des étudiants, est tombé aux oubliettes. Dans un contexte budgétaire contraint, que peut-on attendre des travaux de la commission université-emploi, présidée par le recteur de Limoges, Patrick Hetzel ? Ils devaient pourtant porter sur le fossé entre l’université et le monde du travail, la dévalorisation de certains diplômes, le taux d’échec des premières années universitaires.

L’université française souffre aujourd’hui d’un sous investissement chronique de l’Etat depuis plusieurs décennies. Il ne suffit pas, dans le cadre des contrats de plan Etat-région, de mettre à contribution les collectivités territoriales (départements, régions notamment) afin de construire des bâtiments neufs (amphithéâtres, bibliothèques, maisons de l’étudiant…) pour pallier le peu d’intérêt que suscite l’université chez nos dirigeants. Ces derniers y voient toujours plus un gouffre à finances qu’un lieu où on investit pour l’avenir.

Les présidents d’université, qui expliquent que les dotations budgétaires sont insuffisantes, pratiquent quelques fois sans vergogne et dans la plus parfaite illégalité le « dépassement d’honoraires ». Les frais d’inscription ont explosé ces dernières années. En 2006-2007, les droits d’inscription hors sécurité sociale prévus par la loi s’élèvent à 162 € en licence, 211 € en master et 320 € en doctorat. Dans certaines universités, ils sont au moins multipliés par 10. Par exemple, à Aix-Marseille-III, il est réclamé 3500 € pour une inscription en master professionnel !

Tout cela joue un rôle important sur la détérioration de la situation sociale des étudiants. Si tous ne sont pas touchés de la même manière, force est de reconnaître que leur pouvoir d’achat n’a cessé de se dégrader. Selon l’UNEF, un étudiant sur deux est obligé de travailler pour faire face au financement au moins partiel de ses études. Ceux qui consacrent le plus de temps à une activité rémunératrice sont aussi ceux qui échouent le plus. L’inégalité face aux études est ainsi allée croissante ces dernières années.

Si une allocation d’autonomie pour tous les étudiants, réclamée par leurs représentants et proposée par le PS dans son projet, pourrait résoudre en partie le problème, il n’est pas sûr pour autant qu’elle permettrait de faire de l’Université ce lieu d’excellence, du savoir, de la recherche et de la professionnalisation dont a aujourd’hui besoin notre pays. Cela passe en fait par un effort d’une toute autre ampleur et une réforme en profondeur des structures universitaires.

20 septembre 2006

La carte scolaire en question

Downloadcole Depuis plusieurs semaines, le débat sur la carte scolaire fait rage entre les candidats à la présidence de la République. Il y a ceux qui ne voient pas l’intérêt d’un changement, d’autres qui sont prêts à envisager des évolutions et enfin, certains qui sont pour sa suppression pure et simple.

Il faut rappeler avant toute chose que la carte scolaire a été instituée au début des années soixante pour tenter d’atténuer les inégalités territoriales et sociales. Le principe était d’organiser la mixité sociale dans les établissements, d’éviter ainsi les ghettos scolaires, mais aussi de mieux répartir quantitativement les flux démographiques. Force est de constater aujourd’hui, que tout n’a pas fonctionné comme prévu puisque sur certains territoires, elle a eu tendance à renforcer la ségrégation.

Chaque année, et selon les lieux, entre 10 à 30% des familles obtiennent des dérogations pour ne pas inscrire leurs enfants dans l’école relevant de leur secteur. Elles déploient souvent des stratégies fines pour parvenir à leur fin : copinage avec des élus, fausse adresse, choix d’options rares pour les études en collège ou en lycée…

Une récente étude a montré que les catégories sociales favorisées et les enseignants bénéficiaient le plus du régime dérogatoire. Ce qui n’est pas en soi une surprise dans la mesure où nous avons à faire à ceux qui ont les réseaux relationnels les plus étoffés et la meilleure connaissance du système éducatif.

Il est clair que ne rien faire ne fera que renforcer la ségrégation scolaire et perpétuer l’existence d’une école à plusieurs vitesses que ne compense pas suffisamment les mesures de discrimination positive (classement en ZEP, collège ambition réussite…). En revanche, la suppression de la carte scolaire relèverait d’une logique libérale qui instaurerait une concurrence générale entre les établissements et sacrifierait de fait de nombreux enfants.

Il me semble plutôt raisonnable de prôner son maintien tout en envisageant des évolutions. Il faudra être plus ferme sur l’octroi des dérogations. Ne pourrait-on pas aussi dans le découpage mieux tenir compte des réalités sociologiques des quartiers ? En finir avec les adaptations complaisantes de la carte, comme cela est parfois le cas pour sauver quelques postes dans les écoles au détriment des critères d’équilibre social de la population scolaire, devra être enfin une priorité.

La mise en place du « busing », notamment au stade du collège, peut permettre de résoudre bien des problèmes en organisant la fin des collèges dits de « centre ville » qui concentrent les jeunes issus des milieux souvent les plus favorisés et celle des collèges périphériques qui recrutent presque exclusivement dans les milieux les moins favorisés. La proximité en matière éducative n’est pas toujours une bonne solution.

Rompre avec un système qui permet souvent d’entretenir des clientèles électorales nécessite un peu de courage politique. Le débat est aujourd’hui lancé. Le ministre de l’Education nationale dit s’y intéresser. Evacuons la démagogie habituelle sur ces questions et allons au fond d’une réflexion. L’égalité réelle n’est-elle pas préférable à l’égalité formelle ?

19 septembre 2006

Siemens-VDO : silence, on licencie !

File00121jpgvdo Les employés de Siemens-VDO  de Rambouillet seront bientôt fixés sur leur sort. Il faut rappeler que l’entreprise supprime au 1er octobre 180 postes de travail dont 166 à la production, 9 aux finances, 3 dans les services administratifs et 2 à la qualité. A ce jour, près de 140 personnes auraient demandé à bénéficier des mesures de départ volontaires dont plus de 40 en retraite ou préretraite. Il resterait donc une quarantaine de personnes susceptibles d’être licenciées. Il est probable que l’entreprise proposera pour amortir le choc quelques reclassements dans le groupe. Des départs pour Foix, Toulouse et Boussens pourraient être ainsi envisagés. Il sera toutefois bien difficile d’éviter des licenciements, même si la direction de l’entreprise se dit encore aujourd’hui dans l’impossibilité d’évaluer leur nombre. Le plus étonnant dans cette affaire est le mutisme des représentants du personnel et des organisations syndicales.

16 septembre 2006

Naissance officielle de l’Agence foncière régionale

Dsc00495 Depuis près de trois ans, la Région Ile-de-France demande à l’Etat la création d’une agence foncière régionale pour pallier le manque de terrain à construire et lutter contre la spéculation foncière. C’est enfin chose faite avec la publication hier au Journal Officiel du décret.

Pour Jean-Paul Huchon, président de la Région, et Jean-Luc Laurent, vice-président chargé du logement : « C’est une clé de voûte de la politique régionale du logement qui se met aujourd’hui en place pour mieux répondre aux problèmes de logement des Franciliens. Nous allons être en mesure de mobiliser des terrains moins chers et ainsi accélérer la construction de logements sociaux ».

Il est nécessaire de rappeler que la création de cette agence va permettre la constitution de réserves foncières et le soutien à une production diversifiée de logements : locatifs ou en accession à la propriété. Personne ne peut douter que cette agence va constituer un outil déterminant pour essayer de compenser notre retard en matière de logement et donner satisfaction aux 350 000 familles qui attendent aujourd’hui un logement social en Ile-de-France.

Elle sera au service des collectivités territoriales et interviendra à la demande des maires ou des présidents d’EPCI. Au côté de l’agence régionale figure trois agences départementales. Des conventions de partenariat pourront être passées avec celles-ci pour agir conjointement sur des sites d’intérêt régional.

Le pôle artisanal de Rambouillet est enterré

File00021jpgple L’Echo Républicain faisait état au mois de juillet de l’abandon du projet de pôle artisanal de la rue du général Leclerc à Rambouillet. La pépinière d’artisans prévue, en lieu et place de l’ancien garage Volvo, ne verra donc jamais le jour. L’article, assez bien documenté, allait jusqu’à rappeler l’existence entre 1914 et 1930 des cristalleries d’Arleu sur cette artère rambolitaine.

Nous pouvions y lire que Monsieur Couesnon (ancien maire-adjoint et conseiller technique auprès du maire) fait porter la responsabilité de cet échec sur des subventions du Conseil régional et du Conseil général qui n’auraient pas été votées. Je n’ai aucun titre pour prendre la défense du Conseil général, mais en ce qui concerne le Conseil régional nous ne votons de subventions que si un dossier de demande en bonne et due forme est déposé auprès des services de la région. Une fois le délai d’instruction écoulé, la commission permanente est saisie pour l’attribution de la subvention. La région Ile-de-France dans sa politique en faveur de l’emploi et du développement économique soutient l’artisanat.

Le projet de Rambouillet n’avait rien d’exceptionnel. Nous en subventionnons de nombreux de cet ordre. Notre aide peut aller jusqu’à 35% sur l’immobilier d’entreprise. Le problème, c’est que Rambouillet n’a apparemment pas fait de demande officielle. De plus, Monsieur Couesnon ne s’est jamais adressé au conseiller régional que je suis pour faire avancer un projet que j’aurais volontiers soutenu comme je le fais régulièrement pour ceux des communes du Sud-Yvelines. Le maire s’est contenté d’un effet d’annonce en conseil municipal et dans la presse.

Le fond du problème n’est pas un prétendu refus du Conseil régional, mais bien une absence de volonté politique et des choix budgétaires incompatibles avec ce type d’investissement. Le pôle artisanal n’a jamais été une priorité. Dans ces conditions, il serait plus loyal que l’équipe municipale assume cet échec prévisible plutôt que d’essayer de le faire porter par un tiers. Je regrette cette attitude qui en dit long sur la conception que nos édiles se font de leurs responsabilités. Monsieur Couesnon, dont je ne remets pas en cause la bonne volonté, ne peut s’en prendre qu’à ses « amis ».

15 septembre 2006

Non à la fusion GDF-Suez

Le gouvernement propose une privatisation pure et simple de Gaz de France sans aucune perspective industrielle tandis que le prétexte de cette opération, l’OPA de l’italien Enel, n’est même plus à l’ordre du jour.

La constitution d’un pôle privé fragiliserait à terme EDF et pénaliserait le consommateur. Si l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence implique des regroupements, il peut être tout aussi bien envisagé la constitution d’un pôle public EDF-GDF.

Ce dernier aurait l’avantage pour l’Etat de garder la maîtrise des prix et de garantir des « tarifs réglementés » de l’énergie inférieurs aux tarifs libres.

Ce n’est pas la réglementation européenne qui oblige à la privatisation. Cette volonté ressort du seul gouvernement français qui, en bradant GDF, espère retirer quelques subsides pour boucler son budget.

Cette politique à courte vue ne va pas dans le sens de l’intérêt national. L’énergie, dans un contexte environnemental et géopolitique inquiétant, constitue un enjeu stratégique de première importance. Le gouvernement fait mine de l’ignorer.

Lire l'intervention de Dominique Strauss-Kahn à l'Assemblée nationale :

http://www.blogdsk.net/dsk/files/intervention_dsk_gdfsuez_0809.pdf

07 septembre 2006

Le combat continue !

NON AUX EXPULSIONS DES ELEVES

ET

DE LEURS FAMILLES !

C’est la rentrée, le combat pour le droit aux études des jeunes, leurs régularisations et celles de leurs parents continue !

Le Réseau Education sans frontières 78 appelle les jeunes et les familles sans papiers, les élus, les enseignants, les parents, toutes celles et ceux qui sont attachés à la défense des droits de l’enfant , au respect des droits de l’Homme à participer à une réunion :

MERCREDI 13 SEPTEMBRE 2006- 18H30

CENTRE HUIT – VERSAILLES

( 8 rue porte de BUC – près de la gare des Chantiers)

- Etat des lieux

- Le point sur la circulaire du 13 juin

- Perspectives et mobilisations.

Le réseau Education sans frontières, créé en juin 2004 à Paris, apporte un soutien actif aux jeunes scolarisés sans papiers.

Une centaine dorganisations en sont aujourdhui membres, de très nombreux élus et citoyens lont rejoint.

Site du RESF : www.educationsansfrontieres.org

Dans les Yvelines RESF s’est constitué en juin dernier:

N° de tel : 01 34 92 85 42

Site RESF 78: www.resf78.ouvaton.org

03 septembre 2006

Rentrée scolaire : un lycée au Perray-en-Yvelines

File0007 Un lycée au Perray-en-Yvelines pour la rentrée… 2015 est un projet que la région Ile-de-France est prête à lancer.

La croissance régulière de la population dans le Sud-Yvelines, la volonté des élus locaux de construire sur notre territoire 600 logements par an, la réorientation du schéma directeur de la région Ile-de-France, le petit baby boom de l’année 2000 qui se poursuit, mais aussi la nécessité de diversifier la carte des formations proposées aux élèves, sont autant de raisons qui poussent à prévoir un tel équipement.

Saisi par la Communauté de communes des Etangs et avec le soutien de l’ensemble des élus du Sud-Yvelines, j’ai rédigé et fait voter en séance un amendement repris par l’exécutif régional qui inscrit ce projet sur la liste additionnelle du plan prévisionnel des investissements de la région Ile-de-France.

La municipalité du Perray-en-Yvelines met gratuitement à la disposition de la région un terrain de 9,5 hectares à moins de 400 m de la gare. Idéalement situé, à un carrefour de voies de communication, le nouvel établissement devrait être polyvalent avec les différentes voies - générales, technologiques et professionnelles - de formation. Sa capacité d’accueil sera de 800 places pour un budget de 35 millions d’euros.

Nous disposerons ainsi pour Rambouillet et sa région de deux lycées publics. Cela permettra de réduire les temps de déplacement des élèves, développera une offre de formation plus importante et complémentaire, répondra à une demande de scolarisation en hausse.

Si la région a compétence pour construire, il lui faut néanmoins l’assurance que le projet rencontre l’assentiment de l’Etat. Ce dernier assure entre autre la nomination et la rétribution des enseignants, des personnels administratifs et de direction. L’Inspecteur d’académie, que j’ai saisi par courrier, étudie aujourd’hui le dossier.

01 septembre 2006

Squat de Cachan : Les collectivités territoriales écrivent au Premier ministre

                                                                                                                                                                                                    

Monsieur le Premier Ministre,

                                                                                                               

Depuis l’évacuation du squat de Cachan, il y a bientôt deux semaines, la situation des expulsés est dans l’impasse et les négociations sont aujourd’hui au point mort.

Les conditions dans lesquelles vivent plus de 200 personnes, dont de nombreux enfants, hébergés provisoirement grâce à la mise à disposition d’un gymnase par la mairie de Cachan, ne sont toutefois plus acceptables et ne sauraient être tolérées sans qu’une solution d’urgence soit proposée pour faire face à ce drame.

On ne peut admettre qu’une telle situation perdure et assister à une dégradation journalière des conditions de vie et d’hygiène de ces personnes en situation de grande précarité en laissant, comme l’a signalé le Préfet Tomasini, « libre la municipalité de déposer une requête au tribunal en vue d’une expulsion ».

Les collectivités locales s’engagent dans l’accompagnement sanitaire, social et alimentaire des familles expulsées avec l’appui des associations.

L’Etat, qui a la responsabilité de la solidarité nationale doit quant à lui être l’initiateur de solutions de relogement dignes et acceptables, y compris temporaires, dans le respect des principes de solidarité territoriale entre les collectivités locales, tenant compte des contraintes des familles.

Le dialogue doit reprendre au plus vite et il faut restaurer la confiance mutuelle.

Aussi, nous en appelons à votre autorité afin que vous désigniez un médiateur qui permette une résolution rapide de cette grave crise humanitaire.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Jean-Yves Le Bouillonnec (Député-maire de Cachan)

Christian Favier (Président du Conseil général du Val-de-Marne)

Jean-Paul Huchon (Président du Conseil régional d'Ile-de-France)

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