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26 août 2006

Les contrats de projets 2007-2013 ou la grande arnaque

Avec la suppression du Commissariat général au Plan, les contrats de Plan Etat-région créés en 1982 pour harmoniser planification nationale et régionale laissent la place aux contrats de projets. Le changement n’est pas seulement dans l’intitulé. En fait, l’Etat entend bien imposer ses choix et faire payer les régions si l’on en croit ses propositions faites au mois de juillet.

Dans les contrats de Plan précédents les régions ont souvent été sollicitées pour financer en partie des compétences de l’Etat, comme la construction d’universités ou de voies ferrées. La différence maintenant, c’est qu’elles devront en plus contribuer à l’entretien de ces infrastructures. Et tout cela, avec une enveloppe globale de l’Etat en diminution de près de 50% selon l’ARF (Associations des régions de France) par rapport à 2000-2006 ! A périmètre constant et sans compter l’inflation, la baisse pour des régions comme Rhône-Alpes ou l’Ile-de-France est de l’ordre de 20%.

Les concertations qui s’engagent et qui devront être achevées à la fin de l’année risquent de se conclure par une belle arnaque. Si le gouvernement n’accepte pas de revoir sa copie, les régions qui s’estimeront lésées pourront toujours refuser de signer les contrats en question. Après tout rien ne les oblige à se passer la corde au cou avant les élections présidentielle et législatives de 2007.

On comprend, en fonction du calendrier électoral, que le Premier ministre soit pressé de boucler cette affaire. Cela constituerait pour lui un joli succès contre ces exécutifs régionaux socialistes qui ne manquent pas une occasion de dénoncer le désengagement de l’Etat. Faut-il lui faire ce cadeau ?

23 août 2006

François Jonas, salarié d’EDF-GDF à Rambouillet, en grève de la faim

On parle beaucoup d’intégration des handicapés dans la vie professionnelle. Une loi oblige les entreprises à embaucher un quota de travailleurs handicapés sous peine d'amende en cas de refus. Et pourtant, il semble qu’il soit toujours aussi difficile pour notre société d’accepter et de reconnaître le handicap.

François Jonas en fait l’amère expérience au sein d’EDF-GDF. Atteint d’une maladie qui lui a fait perdre progressivement la vue, ce syndicaliste CGT est depuis treize ans privé de tout avancement et n’a pu suivre aucune formation professionnelle.

En théorie rattaché aux services techniques électricité, il ne travaille guère plus d’une heure par jour à la confection d’une revue de presse. Le reste du temps, il n’a rien à faire. Il s’estime dans ces conditions victime de discriminations de la part de son employeur.

Il en est aujourd’hui réduit à mettre sa santé en danger pour essayer de sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve. François Jonas, en entamant sa grève de la faim, ne vise pas seulement à attirer l’attention sur son cas personnel, mais souhaite aussi défendre la cause du petit millier de salariés handicapés de l’entreprise publique qui ne sont guère mieux lotis que lui.

Le directeur des ressources humaines d’EDF-GDF des Yvelines convient que « ce salarié n’a effectivement pas la reconnaissance qu’il mérite ». Des négociations doivent avoir lieu avec la direction de l’entreprise afin de parvenir à une solution. Nous ne pouvons que regretter qu’il faille des manifestations spectaculaires relayées par les médias pour que tout simplement la loi et les accords d'entreprise s’appliquent.

17 août 2006

La lutte contre le sida : priorité à la prévention

La conférence mondiale sur le Sida à Toronto a mis d’entrée l’accent sur la nécessité de développer les politiques de prévention. Aujourd’hui près de 40 millions de personnes dans le monde seraient atteintes par le Sida, dont près de 80% ignoreraient leur séroposivité.

Les traitements gagnent chaque jour en efficacité et les médicaments sont de moins en moins réservés aux pays du Nord. Plus de 1,6 million de malades dans les pays en voie de développement sont en 2006 soignés, soit dix fois plus qu’il y a trois ans. Chaque mois près de 50 000 nouveaux patients sont pris en compte.

Si les progrès dans le domaine de l’accès aux traitements sont réels, la maladie n’en est pas pour autant enrayée. Faut-il rappeler qu’on ne guérit toujours pas du sida ? La trithérapie, à laquelle tous les malades du Nord ont accès, ne fait que retarder l’échéance fatale. A l’heure où on constate un certain relâchement dans les mesures de protection, il n’est pas inutile de rappeler les limites actuelles des traitements pour mieux appeler à la vigilance et au développement de la prévention.

Un certain nombre d’études prospectives ont montré que des politiques massives d’accès aux traitements avec un développement simultané de la prévention permettraient d’éviter 29 millions de nouvelles contaminations en Afrique subsaharienne contre 9 millions en cas de réponse uniquement centrée sur les traitements.

L’implication dans ce combat des fondations de personnalités comme Bill Clinton ou Bill Gates est plutôt bienvenue, mais dans la mesure où elle ne s’effectue pas sur le désengagement des Etats. Il est du ressort de ces derniers de prendre en main cette lutte anti-VIH ne serait-ce que pour garantir une action continue dans le temps. Les priorités des généreux mécènes sont souvent changeantes.

12 août 2006

L’arbitraire ou le septième critère de la circulaire Sarkozy

Les sans papiers avec des enfants scolarisés avaient jusqu’au vendredi 11 août pour retirer en préfecture leur dossier de régularisation. En revanche, il n’existe pas à ce jour de date limite pour leur dépôt. Selon la comptabilité du ministère de l’Intérieur effectuée sur seulement 30 préfectures, 24 000 dossiers auraient déjà été déposés. Cela veut dire que la barre des 20 000 demandes prévues à l'origne est largement dépassée.

Les critères cumulatifs de régularisation restent ceux de la circulaire du 13 juin 2006 : résider en France depuis au moins deux ans, avoir un enfant scolarisé au moins depuis septembre 2005, avoir un enfant né en France ou arrivé avant l’âge de 13 ans. Il faut aussi que cet enfant n’ait plus de liens avec le pays dont il a la nationalité, que ses parents contribuent à son éducation et à son entretien, et que la famille montre une réelle volonté d’intégration.

Les dés étaient néanmoins pipés dès le départ puisque le ministre avait annoncé ne pas vouloir aller au-delà de 6000 régularisations. L’examen des dossiers est en fait un concours où l’arbitraire tient une part déterminante. Il est probable que de nombreuses familles répondant aux six critères de la circulaire ne verront pas leur situation régularisée. L’utilisation de la méthode des quotas, chère au ministre de l’intérieur, ne peut que désavouer les propos optimistes et rassurants tenus par le médiateur Arno Klarsfeld quelques jours après sa nomination.

Cette situation nécessite que nous soyons nombreux à refuser cette hypocrisie administrative et que nous soutenions, y compris par des gestes de désobéissance civile, ces familles qui auront été abusées. Le mois de septembre s’annonce particulièrement difficile. Mobilisons-nous contre l’arbitraire, ce septième critère jamais explicité de la circulaire Sarkozy.

03 août 2006

Pour un cessez-le-feu au Liban

Le carnage de Cana constitue un tournant dans cette guerre que mène Israël contre le Hezbollah au Liban. Si nul ne peut reprocher à l’Etat israélien de se défendre face aux agressions du Hezbollah soutenu par l’Iran et la Syrie, la riposte apparaît bien aujourd’hui disproportionnée. Quelle que soit l’issue des combats, Israël a déjà perdu la bataille de l’opinion.

Plus que les combattants du Hezbollah, ce sont les civils libanais qui paient de leur vie l’engagement israélien. Faut-il mettre à feu et à sang ce pays pour y déloger quelques milliers d’islamistes qui veulent la destruction d’Israël ? N’y a-t-il pas d’autres voies possibles pour assurer la sécurité d’une des rares démocraties du Proche-Orient ?

Force est de reconnaître que face aux imprécations du président iranien appelant depuis des mois à la destruction de l’Etat d’Israël dans une certaine indifférence polie des Occidentaux, le gouvernement israélien a dû se sentir bien seul et conforté de fait dans sa décision de passer à l’offensive. Pourtant, après plus de trois semaines de combats, la guerre s’installe sans que se dessine de solution.

Depuis des années, l’impuissance des Nations Unies et de l’Europe dans cette partie du monde annonce le pire. Les gesticulations des dirigeants français ne peuvent faire oublier que l’on s’en remet une fois encore aux Etats-Unis. Il serait d’ailleurs illusoire de penser que le règlement de ce conflit pourrait se faire sans eux tant ils sont désormais impliqués – et quelques fois contre leur gré – dans les affaires régionales.

L’Union européenne et la France n’en ont pas moins un rôle décisif à jouer. Une longue histoire commune avec le Liban nous oblige à convaincre les belligérants que le moment d’un cessez-le-feu est venu. Il doit s’accompagner de la libération des otages, de l’application de la résolution 1559 des Nations Unies – qui impose le désarmement des milices – et la constitution d’une force d’interposition enfin efficace.

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