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28 mai 2006

Pour une nouvelle république

La fin calamiteuse du quinquennat de Jacques Chirac ébranle les institutions de la Ve République. Le clan chiraquien, qui a fait main basse sur le pays avec un cynisme rarement atteint en politique, est prêt aujourd’hui à pratiquer la stratégie de la terre brûlée. Il n’est plus question de se maintenir au pouvoir, mais de faire en sorte que ce dernier soit tellement décrédibilisé que le successeur ne soit pas en mesure de gouverner.

Dans un ouvrage récent, Roger-Gérard Schwartzenberg compare la période que nous vivons à l’année 1788 qui avait ouvert le processus révolutionnaire. Si les comparaisons historiques sont souvent hasardeuses, il est toutefois exact que la France comme en 1788 se trouve bien « à la croisée des chemins ». Peut-on continuer longtemps à préférer les privilèges aux réformes ? De nouvelles avancées démocratiques et sociales s’imposent de toute urgence pour combler le fossé qui se creuse entre les élites et le peuple.

La représentation nationale est gangrenée par une aristocratie issue des mêmes milieux, écoles et cabinets. Jamais, dans notre pays, le recrutement des élites n’a été aussi peu démocratique. Le système scolaire se borne de plus en plus à une reproduction des inégalités sociales. L’accès aujourd’hui aux grandes écoles est beaucoup plus difficile pour les enfants des couches les plus défavorisées de la population que dans les années soixante et l’échec à l’Université touche massivement ces derniers.

La mascarade du CPE, piteusement organisée par le chef de l’Etat, et l’affaire Clearstream achèvent de décrédibiliser toute action politique. Il faudra pour sortir de l’impasse autre chose que le catalogue de propositions recuites qui émerge des états généraux du projet socialiste.

Rompre avec nos habitudes d’antan et emprunter une nouvelle voie demandent du courage. Passons un peu moins de temps sur les équilibres internes aux différents courants du parti et un peu plus à écouter monter la sourde protestation d’une opinion qui veut croire encore en la politique, mais pas celle des états-majors.

La république qu’il nous faut construire doit nous permettre d'emprunter une nouvelle voie démocratique, écologique et sociale. A défaut, nous serons submergés par les pires démagogies, celles dont on fait les régimes d’exception.

25 mai 2006

SOGERMA ou les pompiers pyromanes

Sogerma1 La décision des dirigeants d’EADS d’ « arrêter les activités bénéficiaires sans perspective de rentabilité » conduit à la fermeture du site de la SOGERMA de Mérignac. Cela est d’autant plus inacceptable que la situation du groupe n’a jamais été aussi bonne. Le 8 mars dernier, Noël Forgeard, PDG, annonçait les résultats « les meilleurs de son histoire » avec plus de trois milliards d’euros de profits pour l’année 2005, en augmentation de 17% par rapport à l’année précédente.

Le Premier ministre, pour tenter de sauver une image calamiteuse après l’affaire du CPE, s’agite sur le front de la sauvegarde des emplois. Il promet de tout faire pour éviter aux employés de la SOGERMA de connaître les affres du chômage. Mais alors pourquoi n’a-t-il pas exigé de sa ministre de la Défense que la maintenance des avions militaires C130 se fasse en France plutôt qu’au Portugal ? Pourquoi l’Etat a-t-il autorisé l’installation de filiales pour la maintenance en Tunisie et au Maroc ?

Nous n’en serions probablement pas là si le gouvernement, qui verse aujourd’hui des larmes de crocodile, avait pris les décisions qui s’imposaient pour réellement défendre l’emploi en France au lieu de céder aux demandes de l’entreprise qui voulait satisfaire d’abord ses actionnaires en leur versant une rente de 30%.

La situation que nous vivons aujourd’hui n’est pas la faute à l’Europe, ni même à la mondialisation, mais bien aux choix effectués en connaissance de cause par les dirigeants de l’entreprise et les ministres concernés.

Combien de temps encore, en toute impunité, les pompiers pyromanes du gouvernement séviront et abuseront les Français ?

Le conseil municipal de Mérignac, réuni le samedi 13 mai en séance extraordinaire, a voté à l’unanimité une motion de soutien aux salariés de la SOGERMA.

Apportez leur votre soutien.

Signez la pétition sur le site :

http://www.psmerignac.com/wiki/tiki-index.php?page=petition_sogerma

23 mai 2006

Plan social en perspective à SIEMENS VDO de Rambouillet

Depuis plusieurs mois, la situation économique de l’entreprise Siemens VDO s’est dégradée. Certaines orientations industrielles sur le site de Rambouillet se sont avérées désastreuses.

La société a perdu des marchés notamment auprès de PSA pour des matériels dits de « première monte » (options intégrées à l’habitacle). Elle a aussi essuyé un échec pour des produits "grand public" : série de postes intégrant radio/CD/navigation, dont les volumes des ventes prévus devaient atteindre les 300 000 unités. Elles plafonnent aujourd’hui à 50 000. Ces matériels sont visiblement inadaptés au marché : trop onéreux, requérant un spécialiste pour l’installation et non mobiles.

A l’instigation de la direction de l’entreprise, une réunion d’information s’est tenue. Le directeur du centre a insisté sur les risques de viabilité du site d’ici octobre 2006 si des mesures de réorganisation avec suppression de postes à la clef n’étaient pas prises dans les semaines à venir.

Le site de Rambouillet reste le seul site de production de systèmes de communication embarqués (autoradio et dérivés) en Europe occidentale. La fabrication de ce type de produits est maintenant localisée dans les pays à bas coûts de main d’œuvre.

Un plan social va donc être envisagé, dont la teneur n’a pas encore été révélée au personnel. La loi exigeant la publicité préalable de celui-ci auprès des instances représentatives des salariés. Dans ce cadre, le Comité d’Entreprise sera réuni et informé des propositions de la direction au début du mois de juin 2006.

La direction a tenu a faire savoir que ce plan irait « bien au-delà des obligations légales » pour les conditions offertes aux salariés touchés. Il se dit qu’il concernerait au moins 150 à 170 personnes. Des possibilités de reclassement seraient offertes au sein du groupe SIEMENS en France, en Europe et dans le monde.

Les échos du conseil n°15

Dsc00328_2 La séance des 16 et 17 mai 2006 du Conseil régional d’Ile-de-France n’a pas prêté à des débats passionnés. En effet l’examen du rapport qui devait susciter le plus d’interventions dans les rangs des différents groupes - la révision des critères de sélection des contrats régionaux - a été repoussé à la demande de Mireille Ferri (vice-présidente en charge de l’aménagement du territoire…) au mois de septembre.

La première journée a commencé par les traditionnelles questions d’actualité. Le groupe socialiste, par l’intermédiaire de Marianne Louis, a fait part de ses inquiétudes à propos de la nouvelle formule des contrats de plan Etat-région, dits contrats de projets.

L’Etat se donne la possibilité, contrairement aux contrats de plan, de contourner les régions et de traiter directement avec d’autres collectivités infra-régionales (département, communes…). Il est aussi question d’intégrer dans ces futurs contrats les engagements pris par l’Etat pour renouveler le matériel roulant. 400 M€ destinés aux transports en commun pourraient ainsi être employés dans d’autres secteurs ! D’une manière générale, l’investissement public dans le cadre des contrats de projets sera inférieur à celui enregistré avec les contrats de plan Etat-région. Enfin, le calendrier proposé pour la concertation (ouverture en juin, clôture en décembre) est irréaliste, à moins qu’elle soit l’aveu du peu de cas que l’Etat fait de ces contrats de projets. Sauf à vouloir transférer l’essentiel des charges sur les collectivités territoriales, le gouvernement ne semble plus préoccupé par l’aménagement du territoire.

Deux rapports adoptés lors de cette séance retiennent plus particulièrement l’attention : celui sur l’énergie (CR 44-06) et celui sur la révision des emplois tremplins (CR 27-06).

  • Le premier est un plan pour la maîtrise de l’énergie et le développement des énergies locales et renouvelables et la réduction de l’effet de serre dans l’habitat et le tertiaire sur la période 2006-2010 qui se traduit principalement par : le relance des actions de maîtrise de l’énergie thermique et électrique, le soutien à l’émergence d’opérations innovantes en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, l’augmentation de la production d’énergie électrique de source renouvelable et locale (cogénération, éolien), l’augmentation de la production d’énergie thermique francilienne de source renouvelable et locale (solaire, géothermie, bois énergie, réseaux de chaleur, biogaz. A cela, il est aussi nécessaire d’ajouter le lancement d’une charte de l’énergie auprès des transporteurs, producteurs/distributeurs et consommateur d’énergie. Dans cette optique, tout un système de subventions est mis en place, notamment à destination des propriétaires particuliers pour l’investissement dans des équipements permettant de produire de l’énergie à partir des énergies renouvelables. Sur ce rapport un large consensus s’est fait.
  • Le second vise à rendre plus simple et efficace le dispositif des d’emplois tremplins et sa gestion par la région. Ce rapport permet l’élargissement des employeurs éligibles à certaines entreprises privées (SCOP, SCIC, GEIQ…), l’élargissement des catégories de publics éligibles (bénéficiaires du RMI sans condition d’âge, passer pour les plus jeunes de la condition d’âge maximum de 26 à 27 ans, suppression de la condition d’âge pour les habitants des quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, autoriser la transformation des emplois jeunes en emplois tremplins). Cette délibération incite aussi au recrutement des personnes faiblement qualifiées : la dégressivité de la subvention régionale est atténuée pour les publics de formation niveau 4, 5 et inférieur. Enfin, il est organisé un « service emplois tremplins » au sein de l’administration régionale pour accélérer l’instruction des dossiers éclatés jusque-là par grand secteur (transport, social, culture, démocratie régionale…).

A remarquer aussi, l’intervention de Stéphane Olivier (Conseiller régional-Yvelines), sur un dispositif-cadre visant à aider au premier départ en vacances et à la mise en place d’échanges inter et intra régionaux (CR 46-06). Son rappel à l’histoire du Front populaire fut le bienvenu.

Le Front national devait défendre un rapport au titre de article 8 du règlement intérieur du Conseil régional intitulé : Rendre la parole au peuple par un référendum décisionnel régional sur la sécurité (CR 56-06). Le caractère démagogique de cette proposition en a entraîné le rejet.

Pour clore cette séance, le groupe socialiste a fait voté un vœu qui demande une évaluation systématique dans un maximum de trois ans de tous les rapports cadres. Cette démarche devrait permettre à l’assemblée de mieux suivre et contrôler la mise en application des politiques adoptées.

20 mai 2006

Lili Marleen, censurée à l'école d'Arbouville de Rambouillet

Cin00276_091_1 Lili Marleen, immortalisée par Marlène Dietrich, n'a pu être chantée à Rambouillet par une jeune fille de onze ans de l'école d'Arbouville.

La directrice de l'établissement et l'inspectrice de l'Education nationale ont refusé que la chanson figure au spectacle de fin d'année préparé par les enfants.

Pensez-vous, voilà un texte entonné par les soldats allemands lors de la Seconde guerre mondiale. Cela pourrait raviver dans la cité certains souvenirs ! En plus, comprenez bien, Marlène Dietrich, avec ses bas résille et ses pauses lassives, ce n'est pas correct ! Nous pourrions avoir des remarques.

Une telle décision est proprement stupéfiante. Faut-il empêcher les jeunes Français d'apprendre une langue qui fut parlée par les nazis ?

Voilà un poème écrit en 1915, mis en musique en 1937, qui évoque un amour impossible entre une jeune fille et un soldat qui part à la guerre. Certes, il fut chanté par les Allemands, mais repris aussi par les soldats britanniques qui en firent une version anglaise.

Marlène Dietrich, à partir de 1944, en assura le succès planétaire dans ses spectacles devant les troupes...américaines.

Cette chanson appartient au patrimoine culturel européen. Il n'y a dans ses paroles aucune référence de près ou de loin au nazisme. Mieux, sa dimension universelle en a fait un véritable pont entre les peuples en guerre

Si Rommel l'appréciait, Goebbels la détestait. Cela devrait rassurer jusqu'aux plus sourcilleux sur les symboles. Et bien non !

Il semble que les autorités locales de l'Education nationale soient incapables de dépasser leurs propres fantasmes.

14 mai 2006

Des jeunes de plus en plus en difficulté face à l'insertion professionnelle

Depuis près de dix ans, un nombre constant de jeunes  - que les différentes études situent autour de 150 000 - sortent sans diplôme ni formation du système scolaire. Pourtant, être diplômé reste le meilleur atout pour l'insertion professionnelle.

La dernière enquête d'insertion dans la vie active des jeunes effectuée sept mois après leur sortie des lycées généraux, technologiques et professionnels, le démontre en quelques chiffres. Le taux d'emploi des jeunes est de 84% avec un BTS, 80% avec un bac pro, 70% avec un CAP-BEP et 46% sans diplôme.

En revanche, on peut constater qu'un certain nombre de facteurs discriminants existent. Le sexe, par exemple, n'est pas des moindres. Les débuts des filles dans la vie active sont beaucoup plus marqués par la précarité et le chômage. Tous diplômes confondus, sept mois après la sortie du système éducatif, le taux d'emploi des lycéennes est de 53%, tandis que celui des lycéens est de 65%.

L'insertion professionnelle est plus lente et difficile aussi selon les origines socioculturelles. Les enfants d'ouvriers, les jeunes issus de l'immigration extra-européenne, les jeunes confrontés dans leur jeunesse à des difficultés sociales et familiales constituent les contingents de précaires et de chômeurs.

Pis, depuis quatre ans, les difficultés d'insertion des jeunes se sont aggravées. Ils constituent, plus que d'autres, les victimes de la crise économique et sociale. Les emplois précaires sont chez les moins de 26 ans trois fois plus nombreux et le taux de chômage est, dans cette catégorie de la population, deux fois plus élevé.

Les transports en commun, priorité de la région

Les transports sont une des clés de la qualité de vie. Enjeu de santé, de société et de développement économique, les transports ont la première place dans le budget de la Région.

Le développement et l’amélioration des transports en commun occupent une grande place dans l’action de la Région. Le but premier est de développer leur utilisation pour réduire le trafic automobile, notamment pour aller d'une banlieue à une autre.

La Région agit d’abord pour créer ou prolonger divers types de lignes dans la région : train, R.E.R., métro, tramway ou bus. Parallèlement aux nouvelles liaisons, il faut bien sûr entretenir et rénover les réseaux de transport existants.

Autre objectif fort, l’amélioration de la qualité de service : confort, sécurité, fréquence, information des voyageurs, accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite, développement des déplacements la nuit ou le week-end.

Nos transports en chiffres
  • Les déplacements quotidiens en Île-de-France : 12,5 millions se font à pieds, 17 millions en automobile, 7,7 millions en transports en commun et 800.000 en deux roues.
  • Le réseau ferré comprend 39,3 km de tramway, 212 km de métro, 1.403 km de R.E.R et de trains régionaux. 60 % des trains français roulent en Île-de-France.
  • L’Île-de-France compte 23.260 km de lignes de bus, ainsi que 500 km de voies navigables, 170 km de canaux et 70 ports. C’est la deuxième plateforme fluviale européenne.
  • La région bénéficie de plus de 1.600 km d'aménagements cyclables, 800 km d’autoroutes et de voies rapides.
  • À lui seul, le contrat de plan État-Région 2000-2006 prévoit 4,8 milliards d’euros pour les transports, dont plus des deux tiers sont affectés aux transports collectifs.
    • Dernier levier, et non des moindres : agir pour des tarifs moins élevés. La Région finance la carte Imagine’R et met en place plusieurs améliorations en 2006 : prix réduit pour les plus démunis ; ticket « H », unique, valable 1h30 dans tous les modes de transports en commun utilisés...

      Le S.T.I.F., autorité organisatrice du transport des Franciliens
      En ce qui concerne le transport des Franciliens, la Région et les Départements agissent dans le cadre du Syndicat des transports d’Île-de-France (S.T.I.F.), autorité organisatrice présidée par le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon. Majoritaire au sein de son conseil d'administration, le conseil régional finance 51 % des contributions publiques du S.T.I.F.
      L’une des missions du S.T.I.F. est d’organiser les services de transport, dans le cadre de contrats pluriannuels passés avec la R.A.T.P., la S.N.C.F. et les 90 opérateurs du réseau de transporteurs privés Optile. Le S.T.I.F. est un établissement public territorial depuis le 1er juillet 2005, date du retrait de l’État (prévu par la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales).

      05 mai 2006

      Le journal de la région bientôt dans vos boîtes aux lettres

      77055couv Ile de France n°4 vient de paraître. Au sommaire : un champion d'Europe de handball, la voiture de demain, une grande histoire d'amour : celle de la Région et du cinéma (ci-contre la couverture avec Monica Bellucci dans le Consile de pierre), les rendez-vous loisirs. Vous découvrirez tout sur le champignon de Paris, un entretien avec Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique des arts, et partirez pour d'autres cultures avec les échanges lycéens. sans oublier toutes vos autres rubriques habituelles.

      Pour télécharger le journal : www.iledefrance.fr

      Bonne lecture !

      04 mai 2006

      Naissance d'un syndicalisme étudiant

      Dsc00444 Le Germe (Groupe d'études et de recherches sur les mouvements étudiants) publie aux éditions Syllepse sous la coordination de Robi Morder : Naissance d'un syndicalisme étudiant. 1946 : la Charte de Grenoble.Un ouvrage qui rassemble de nombreuses contributions qui toutes éclairent d'un jour nouveau les raisons qui poussèrent les étudiants de la Libération à revendiquer cette identité syndicale empruntée au mouvement ouvrier. Au-delà de l'étude d'un moment particulier, le congrès de Grenoble et sa célèbre charte qui définit l'étudiant comme "un jeune travailleur intellectuel" avec des droits et des devoirs, l'ouvrage analyse aussi soixante années de mouvements étudiants. Un outil indispensable pour appréhender cette histoire de l'engagement de "la jeunesse des écoles" comme l'écrivaient au XIXe siècle les chroniqueurs.

      Pour en savoir plus sur l'ouvrage : www.syllepse.net

      01 mai 2006

      1936 : le Front populaire

      File00211_1 Le Front populaire demeure pour la gauche française un événement fondateur, mieux peut-être, un lieu de mémoire où chacun peut venir puiser une raison d'espérer.

      Il y a bien entendu les congés payés, la semaine de quarante heures, les représentants du personnel dans les entreprises, la forte augmentation des salaires.

      Il y a aussi les grandes grèves joyeuses de mai-juin, les défilés à n'en plus finir et cette peur-panique du patronat qui voyait les soviets envahir la France.

      Il y a encore ce slogan "Paix, Pain, Liberté" qui rappelait que la guerre était à nos portes, que le niveau de vie d'une grande partie de la population stagnait depuis trop longtemps, que le fascisme et le nazisme assiégeaient les démocraties.

      Il y a enfin entre l'exaltation et la raison : le "tout est possible" de Marceau Pivert et le "il faut savoir arrêter une grève" de Maurice Thorez...

      Tout cela constitue un Kaleïdoscope d'images heureuses où le mythe s'incarne dans cette ferveur populaire partagée par les écrivains et "les mineurs en habit de travail sous le casque de cuir et le serre-tête bleu".

      Soixante-dix ans après, le Front populaire reste bien présent dans l'imaginaire national. Les accords de Munich en 1938 ne peuvent faire oublier les accords Matignon de 1936. La victoire électorale des partis de gauche marque pour l'histoire l'intégration du monde ouvrier dans la nation.

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