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30 avril 2006

Appel à la responsabilité politique

Les institutions républicaines tournent aujourd'hui à vide. L'école, la police, la justice fabriquent au quotidien cette violence qu'on ne cesse de dénoncer. L'école n'a jamais été aussi peu associée à la promotion sociale des jeunes qui la fréquente. la police n'est même plus en mesure de faire régner l'ordre républicain sur le territoire tant ses missions sont aujourd'hui mal définies. La justice, après l'affaire emblématique d'Outreau, a achevé de perdre ce qui lui restait de crédibilité.

A ne pas comprendre cette situation, nous nous exposons dans un avenir proche à une explosion d'une autre ampleur que celle que nous avons connue dans nos banlieues au mois de novembre 2005. Notre pays ne fait plus confiance à ses dirigeants. Il est vrai que ces derniers ne comprennent pas grand chose à ce qui est en train de se jouer. A tel point, par exemple, que le CPE a pu apparaître à ses promoteurs comme une solution à la situation du chômage dans les quartiers de nos villes !

La grande préoccupation du moment au sommet de l'Etat est devenue l'endiguement de l'affaire Clearstream. Les méthodes de barbouzes utilisées par le Président de la République et son Premier ministre pour éliminer le prétendant aux dents longues ne doivent surtout pas filtrer. Si cette affaire ne révélait pas l'extrême déliquescence du sens de l'intérêt général, il y aurait matière à sourire. Le fonctionnement normal des institutions exigerait dans n'importe quelle démocratie qui se respecte la démission des autorités impliquées et l'ouverture d'une enquête parlementaire. Ce n'est pas le cas en France !

La devise de notre République n'est plus qu'un écran de fumée dissimulant de plus en plus mal les réalités d'un Etat où les inégalités sociales, les discriminations et les exclusions sont devenues insupportables. C'est cela que nous disait le soulèvement des banlieues de novembre 2005. S'il existe encore une responsabilité politique dans notre pays, il serait temps qu'elle s'exprime et agisse avant que l'échouage du navire n'ouvre la voie à la flibuste.

27 avril 2006

Les étrangers victimes de la démagogie électorale

Le projet de loi modifiant le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) développe le nouveau credo gouvernemental qui peut se résumer en une phrase : "stopper l'immigration subie et promouvoir l'immigration choisie". L'immigration, qui est ici désignée comme subie, n'est évidemment pas l'immigration clandestine, mais celle liée au regroupement familial.

Il est clair que si ce projet marque une rupture profonde avec notre politique définie depuis 1974, il est aussi, dans sa manière de désigner l'immigré et  la conception utilitariste de l'immigration qui l'accompagne, une profonde atteinte à la dignité humaine. Les Eglises s'en sont faites à juste titre l'écho, en condamnant ce fait et en soulignant la remise en cause des droits attachés à la personne de l'étranger.

Il est nécessaire de rappeler qu'il n'y a pas de déferlante migratoire sur notre sol. Les flux migratoires actuels sont nettement inférieurs à ceux du milieu des années soixante-dix. La France n'est pas un pays d'immigration massive. Avec une natalité élevée, nous sommes le seul grand Etat européen où la contribution de l'immigration à la croissance démographique reste très minoritaire depuis une décennie.

Les principales mesures du projet de loi visent donc à limiter le regroupement familial, à rendre encore plus difficile l'octroi d'un titre de séjour et à attirer les étrangers les plus qualifiés. Un bon immigré pour l'économie française est celui que nous n'avons pas à former. En définitive, la philosophie de ce projet n'est pas de lutter contre l'immigration clandestine, mais de sélectionner les immigrés.

A défaut d'une véritable politique de co-développement avec les pays du Sud, les plus pauvres continueront de tenter leur chance par tous les moyens pour entrer sur notre territoire. Tant pis, si pour eux une régularisation à terme s'avéra plus difficile. Ces mesures proposées fabriqueront des sans-papiers et restreindront le droit des immigrés. Nous n'aurons ensuite qu'à leur offrir des charters pour nulle part. Il faut bien satisfaire à la démagogie électorale.

Car c'est bien-là le fond du problème : la course a une hypothétique récupération de l'électorat du Front national. Nicolas Sarkozy sait que pour gagner l'élection présidentielle, il aura besoin de toutes les voix de l'extrême droite. Que pèse alors le respect des droits humains face à l'ambition de s'installer sous les ors du Palais de l'Elysée ?

Pour signer la pétition contre l'expulsion des jeunes scolarisés :

www.educationsansfrontières.org

14 avril 2006

Un nouvel avenir pour les jeunes

L’abrogation du CPE a été une victoire collective de l’ensemble des forces syndicales et de la gauche tous partis confondus. Si une nouvelle génération est entrée en politique à l’occasion de ce mouvement contre le CPE, son horizon ne s’est pas pour autant éclairci. L’avenir d’une grande partie des jeunes demeure très incertain. La formation, le chômage, la précarité, l’autonomie restent sources d’inquiétude.

Les jeunes, plus que les autres catégories de la population, sont les victimes de la crise économique et sociale que traverse notre pays. Les emplois précaires y sont chez eux trois fois plus nombreux que pour la moyenne de la population. Aussi la lutte contre le chômage des jeunes et pour leur intégration ne peut-elle se limiter au contrat de travail, si protecteur soit-il.

La réécriture de l’article 8 de la loi sur « l’égalité des chances » permet d’éviter d’ajouter de la discrimination là où elle est déjà grande. Il demeure néanmoins des articles aussi contestables que ceux sur le rétablissement du travail de nuit à 15 ans, l’apprentissage dès 14 ans, la suppression des allocations aux familles en difficultés pour éduquer leurs enfants. En cas de victoire électorale en 2007, il nous faudra balayer cette législation inique.

Pour autant, ce n’est pas l’abrogation d'une loi qui permettra aux jeunes, souvent peu ou pas diplômés, de mieux s’insérer dans la vie active, mais une politique qui prenne en compte leurs difficultés spécifiques. Dominique Strauss-Kahn propose un meilleur accompagnement vers l’emploi par un soutien actif et personnalisé auquel devrait s’ajouter un crédit-formation inversement proportionnel à la durée de la formation initiale et une allocation de recherche d’emploi.

De la même manière, la relance de la formation par alternance doit permettre d’assurer une meilleure qualification professionnelle à ceux qui sont souvent sortis tôt, sans diplôme et sans formation, du système scolaire.  A cela, il est possible d’ajouter la modulation du taux de l’impôt sur les sociétés afin d’inciter les entreprises à embaucher des jeunes. On peut imaginer alléger de 50% l’impôt des sociétés les plus vertueuses. On intégrerait ainsi dans les logiques de rentabilité des entreprises le financement de l’insertion professionnelle.

La crise du CPE a mis aussi en évidence l’état particulièrement inquiétant de nos universités. Pourquoi les étudiants se sont-ils majoritairement mobilisés alors qu’ils ne devaient pas avoir objectivement grand-chose à redouter de ce nouveau contrat ? Parce que l’université est loin d’être aujourd’hui une priorité nationale. L’échec en première année y est très élevé, de nombreux diplômes délivrés ne garantissent pas contre le chômage, tandis que la recherche et l’innovation y demeurent les parents pauvres. Dire, qu’en 2007, un grand chantier universitaire nous attend est un euphémisme.

Il est clair que le gouvernement, en ayant réduit le débat sur l’emploi des jeunes au « CPE ou rien », récolte un cinglant désaveu. Ce n’est pas le contrat de travail qui permettra une meilleure insertion des jeunes dans l'emploi, mais l’éducation, la formation, l’accompagnement personnalisé et certaines incitations fiscales. Il existe donc bien un autre chemin qui passe par la protection, la promotion et l’innovation. C’est celui que propose la gauche pour donner à la jeunesse un nouvel avenir, loin de la précarisation voulue par la droite.

08 avril 2006

Compte rendu de mandat

File00011 Deux années se sont écoulées depuis l'élection régionale. Deux années de travail au service de toutes les Franciliennes et de tous les Franciliens. Faire de l'Ile-de-France une région attractive où il fait bon vivre en réduisant les inégalités territoriales et sociales est notre ambition.

Lors de la campagne électorale de 2004, les promesses du candidat Huchon et de ses colistiers ont essentiellement porté sur le logement, l'emploi, les transports, l'éducation, l'aménagement du territoire et la protection de notre environnement. Dans tous ces domaines, le travail effectué commence à porter ses fruits. Un premier bilan peut être fait.

Je vous invite à venir en débattre, lors de mon second compte rendu de mandat, le mercredi 26 avril à 20h30, à l'Hôtel de Ville de Maurepas.

05 avril 2006

Et maintenant, l'abrogation du CPE

Dsc00439 Il faut sortir de cette situation ubuesque : une loi promulguée que le Président de la République demande de ne pas appliquer, un Premier ministre qui ne gouverne plus mais qui reste à Matignon, des députés UMP qui n'arrêtent pas de se contredire sur les solutions à apporter en fonction de leurs obédiences sarkoziste ou villepiniste.

Cette crise politique révèle malheureusement l'état de profonde déconfiture dans lequel se trouve aujourd'hui le gouvernement. Le CPE qui devait être l'arme fatale de Villepin contre Sarkozy se retourne contre son initiateur. Mais comment un Premier ministre pouvait-il imaginer se servir de la question du chômage des jeunes à des fins aussi bassement politiciennes ? L'échec d'une telle manoeuvre face à la mobilisation croissante de la population est une victoire de la démocratie.

Si la rue n'a pas à gouverner, elle peut exprimer ce qu'elle pense et peser ainsi sur le cours des choses. Le gouvernement aurait été mieux avisé de tenir compte beaucoup plus tôt de cette expression. Aujourd'hui la négociation pour améliorer tel ou tel aspect de cet article de loi n'est plus acceptable. Il faut l'abroger et ouvrir une grande consultation sur l'avenir des jeunes dans notre pays en mettant au coeur du débat les questions d'éducation, de formation, d'emploi et d'autonomie.

01 avril 2006

Retour vers le futur

Nous avions eu le candidat virtuel, le candidat naturel. Aurons-nous bientôt le candidat surnaturel ? Affaire à suivre.

A force d'invoquer François Mitterrand, il se pourrait que son fantôme vienne hanter les murs de nos villes.

Esprit es-tu là ?

Inutile de sortir les gousses d'aïl et le crucifix, il suffit seulement de prendre les devants en publiant la prochaine affiche du candidat ou de la candidate socialiste.

Retour vers le futur ou poisson d'avril ?File00221 Dans tous les cas, un sacré coup de vieux !

Cliquez sur la photographie.

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