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14 mars 2006

Du nouveau sur la grippe aviaire

Dsc00385_1 Un rapport de GRAIN établit que l'industrie avicole
mondiale est à l'origine de la crise de la grippe
aviaire

"Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages
sont injustement rendus responsables de la grippe
aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du
monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment
l'industrie avicole multinationale est à l'origine du
problème et devrait être au centre des actions menées
pour maîtriser le virus.
L'expansion de la production avicole industrielle et
des réseaux commerciaux ont créé les conditions
idéales à l'apparition et à la transmission de virus
mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une
fois qu'ils ont pénétré dans les élevages industriels
surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir
mortels et se développer. L'air vicié par la charge
virale est transporté sur des kilomètres à partir des
fermes infectées, pendant que les réseaux d'échanges
commerciaux intégrés répandent la maladie par les
nombreux transports d'oiseaux vivants, de poussins
d'un jour, de viande, de plumes, d'oeufs à couver,
d'oeufs, de fumier de volaille et d'alimentation
animale.
« Tout le monde se focalise sur les oiseaux
migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le
problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils
ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme
fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les
tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le
propagent. »
Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par
le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de
5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans
les petits élevages de poulets. Les manifestations de
H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés,
se sont seulement produites dans quelques fermes
industrielles du pays, qui sont fournies par des
établissements d'incubation Thai. Les seuls cas de
grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui
couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont
produits à côté des fermes industrielles.
Les gouvernements des pays de l'Union Européenne ont
répondu à la découverte des cygnes, des oies et des
canards morts infectés avec des mesures sévères
obligeant à l'enfermement des volailles. Maintenant,
ils sont bien embêtés car la première et seule
manifestation significative de contamination de
volaille domestique s'est déclarée dans un gros
élevage industriel de dindes en France, où les 11 000
volatiles étaient confinés, totalement séparés des
oiseaux sauvages.
« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l'a
vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte
en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare
dans les grosses fermes industrielles et qu'ensuite
elle se propage, » explique Kuyek.
Le cas de contamination nigérienne qui s'est déclaré
au début de l'année a commencé par une seule ferme
industrielle, appartenant à un membre du Conseil des
Ministres, éloignée des axes principaux de
déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était
connue pour importer des oeufs à couver hors
réglementation. En Inde, les autorités locales
indiquent que le virus H5N1 est apparu et s'est
répandu à partir d'une ferme industrielle appartenant
à la plus grande compagnie avicole du pays, les
couvoirs Venkateshwara.
La question cruciale est de savoir pourquoi les
gouvernements et les agences internationales, comme
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur
la manière dont les fermes industrielles et leurs
sous-produits, tels que l'alimentation animale et le
fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se
servent de la crise comme une occasion
d'industrialiser davantage le secteur avicole. Les
initiatives se multiplient pour interdire la volaille
en plein air, pour évincer les petits producteurs et
pour réapprovisionner les fermes avec des poulets
génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec
une industrie prise dans une série de dénis et de
dissimulations semble total.
« Les agriculteurs perdent leurs moyens d'existence,
les poulets locaux sont éliminés et quelques experts
déclarent que nous sommes à l'aube d'une épidémie
humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, »
conclut Kuyek. « Quand les gouvernements
réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les
personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les
protéger contre l'industrie avicole mondiale ? »

GRAIN est une organisation non gouvernementale
internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la
gestion et l'utilisation durables de la biodiversité
agricole fondées sur le contrôle exercé par les
populations sur les ressources génétiques et les
connaissances locales. Contact: Devlin Kuyek, GRAIN, à
Montréal, Tél: +1 514 2737314, Email: devlin (at)
grain.org Web:
http://www.grain.org

Commentaires

C'est une information qu'on a pas dans les médias. Intéressant!Merci.

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