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26 février 2006

Liberté pour l'histoire

La France est aujourd'hui malade de sa mémoire. Il suffit de voir que toute référence au passé est devenue en quelques années "devoir de mémoire" pour comprendre l'ampleur du problème.

Il y a plus grave encore : la volonté du législateur dans cet imbroglio mémoriel de trancher, de dire l'histoire. La loi Gayssot de 1990 qui érige en délit la contestation d'un crime contre l'humanité, la loi Taubira de 2001, qui fait de la traite négrière (seulement celle pratiquée par les Européens) un crime contre l'humanité et enfin, cet article 4 de la loi du 23 février 2005 sur la nécessité d'enseigner " le rôle positif de la présence française outre-mer" heureusement annulé par le Conseil constitutionnel, sont autant d'interventions de l'Etat dans la lecture de l'histoire qui posent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent.

Aujourd'hui chaque groupe social, chaque communauté, chaque ethnie, tant soit peu malmené au cours de l'histoire peut se croire légitimé à demander réparation à l'Etat. Dans le climat actuel de pénitence et de repentance, le succès est très souvent garanti. Il faut réaffirmer avec force que tout ne se vaut pas. Tous les crimes, à plus forte raison ceux commis il y a des siècles, ne peuvent être assimilés, pour des raisons historiques et juridiques, à des crimes contre l'humanité, selon la définition établie par le tribunal de Nuremberg.

La première victime de cette atmosphère est l'histoire, cette science qui vise à la compréhension d'un événement, d'une époque, dont le principe de base est d'abord l'apprentissage de la différence des temps en replaçant son objet dans son contexte. Le métier d'historien ne peut s'exercer sans un minimum de liberté, hors d'une législation inscrivant dans le marbre des formulations qui figent le passé en histoire officielle. L'historien ne peut avoir comme credo, dans le cadre d'une méthode scientifique éprouvée, que la remise en cause des thèses de ces prédécesseurs. C'est ainsi qu'a toujours progressé notre connaissance historique. Bientôt cette démarche heuristique ne sera plus possible. Nous aurons alors rejoint la pratique des pays totalitaires.

"La mémoire est le souvenir d'une expérience vécue ou fantasmée" expliquait Pierre Nora dans un entretien au Monde 2. Elle est portée par des groupes vivants et en proie, souvent inconsciemment, à des déformations successives. "L'histoire est au contraire une construction, toujours problématique et incomplète de ce qui n'est plus, mais qui a laissé des traces". C'est à partir de ces traces que l'historien en vérifiant et croisant ses sources essaie de reconstituer au plus près ce qui a pu se passer. La mémoire relève du domaine affectif et ne s'accommode que des informations qui la confortent, alors que l'histoire est une démarche intellectuelle rigoureuse. Elle traque les mythes que véhicule très souvent la mémoire.

Il est aujourd'hui de la responsabilité de nos représentants politiques de bien faire la part des choses. Ils sont dans leur rôle quand ils votent des résolutions, rendent des hommages aux victimes, introduisent des compensations, construisent des musées. La gestion du symbolique fait pleinement partie de leur mission. Il en est tout autrement quand ils votent des lois qui disent aux historiens ce qu'ils doivent chercher ou enseigner pour flatter telle ou telle partie de la population à la mémoire meurtrie.

Le sens de l'intérêt général est de préférer au "devoir de mémoire", le "devoir d'histoire". Si nous voulons que notre société ne soit pas à brève échéance qu'une juxtaposition de communautés, il est temps de se ressaisir, d'assumer clairement notre histoire, y compris ses événements tragiques qui ne grandissent pas toujours notre nation. La représentation nationale doit donner les moyens aux chercheurs d'écrire l'histoire dans sa diversité et sa complexité, plutôt qu'essayer d'imposer une ligne officielle. La liberté est une condition indispensable pour dépasser la revendication mémorielle et maintenir notre cohésion nationale.

23 février 2006

Ingrid Betancourt : quatre ans de captivité

Le 23 février est unDsc00088 triste anniversaire. Cela fait quatre ans aujourd'hui qu'Ingrid Betancourt et Clara Rojas ont été enlevées par les FARC. Quatre années où nous n'avons pas cessé de réclamer leur libération, ainsi que celle des 4000 autres séquestrés de la jungle colombienne.

1500 communes, conseils généraux et conseils régionaux ont fait d'Ingrid Betancourt leur citoyenne d'honneur. Ces manifestations permettent que la chape du silence ne retombe pas. L'oubli est, avant les ravisseurs, l'ennemi de ceux qui sont privés de liberté.

Ingrid Betancourt donne un visage à l'ensemble des otages de part le monde. C'est à eux, au combat que mènent leurs familles, leurs amis et à tous ceux qui ne se résignent pas, que nous dédions cette journée.

21 février 2006

Plus social que lui, tu meurs !

Dsc00333 CNE,CPE, apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès quinze ans, où s'arrêtera Gérard Larcher ? Gaulliste de gauche, disait-il à qui voulait l'entendre avant de passer les portes de son ministère ! Une fibre sociale à toute épreuve ! Du vrai, du dur, une philosophie pour la vie ! A l'évidence, quelques mois au gouvernement vous changent un homme.

Le CNE a bénéficié de l'effet d'aubaine. Le CPE est un don pour les employeurs qui veulent un fonds de roulement de jeunes. Gérard Larcher, pressé de questions par les députés de gauche, a été obligé de reconnaître que ce contrat de travail s'appliquera aussi pour des embauches successives. Jusqu'à ses 26 ans, un jeune pourra ainsi aller de CPE en CPE dans la même entreprise (avec trois mois de délais entre deux contrats) ou d'une société à l'autre.

Dans un rapport, qui lui avait été commandé à l'automne par le gouvernement, le président du groupe Veolia Environnement, Henri Proglio, appelle les entreprises à faire du CDI la "forme normale d'embauche" des jeunes. Mieux, le rapporteur insiste : "les solutions ne sont ni du côté de la fuite en avant vers la professionnalisation des études, ni dans la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l'embauche des jeunes". En effet, "près de trente ans de mesures jeunes ont fini par ancrer dans les esprits la conviction que l'on ne peut débuter sa vie professionnelle sans bénéficier d'une mesure incitative".

Alors notre ministre délégué à l'Emploi aurait-il tout faux. Que nenni ! Il s'obstine. Plus social que lui, tu meurs. Il est même prêt à dégainer un contrat unique qui étendrait à l'ensemble des salariés la possibilité de licencier sans préavis et sans motif. Comme si faciliter les divorces permettait d'augmenter le nombre des mariages ! Il semble que notre "ministresocial" n'ait retenu du modèle danois que la flexibilité au détriment de la sécurité des parcours professionnels.

Il est évident que dès 2007, il nous faudra abroger l'ensemble de ces dispositifs. Une politique de relance de l'activité économique devra être mise en place et nous devrons mobiliser l'ensemble de la société autour d'un plan d'urgence qui prévoira un vrai contrat de formation en CDI pour les jeunes. Il pourrait prendre la forme d'un "contrat sécurité formation". Enfin, aucune mesure ne pourra être élaborée sans concertation avec les partenaires sociaux.

Procédure d'urgence, vote bloqué, ordonnances, 49.3 : voilà des termes qu'on ne voudrait plus entendre quand il s'agit de l'avenir de millions de jeunes ou de travailleurs potentiels. Etre social commence par ne pas s'exonérer du B.A. BA démocratique fondé sur le dialogue ! Et cela d'autant plus, que l'UMP a la majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Ce n'est pas Monsieur le "ministresocial" Larcher qui nous démentira.

18 février 2006

Autour du budget de la région Ile-de-France

Dsc00090_1 Tous sur le pont, jeudi 23 février.

Les conseillers régionaux socialistes et les militants des Yvelines seront dans les gares du département dès six heures du matin pour présenter aux Franciliennes et aux Franciliens le budget et les grandes priorités de la région pour l'année 2006.

Accompagné par les socialistes du canton, je serai en gare de Rambouillet de 6h à 8h30 pour échanger avec vous.

Avec un milliard d'euros consacrés aux transports sur un budget total de 3,75 milliards, nous lançons dès cette année, selon nos engagements de campagne, une grande opération de renouvellement et de modernisation du matériel. D'ici 2010, nous devrions avoir renouvelé l'ensemble du parc ferroviaire de banlieue.

Avec la mise en oeuvre progressive de la gratuité pour les chômeurs et les plus démunis, la région Ile-de-France s'engage aussi à plus de justice sociale.

16 février 2006

Le retour du Clemenceau

Croisiere_jacquot11 Désarmé, réduit à l'état de déchet, le Clemenceau fait encore des victimes. Elles auraient pu être indiennes, elles ne seront heureusement Dsc00061_6 que politiques. Désamiantage et dépeçage ne sont pas des opérations banales que l'on peut faire en catimini et à moindre coût dans un pays du Sud. Pour l'avoir ignorer, le Président de la République, le Premier ministre et la ministre de la Défense viennent d'être désavoués par la justice. 

Au-delà du grotesque de la situation, nombre de questions se posent. Pourquoi notre pays qui ne cesse de donner des leçons d'environnement au reste de la planète fait-il si peu cas de ses propres déchets polluants ? Pourquoi le gouvernement a-t-il fait appel à une société écran de droit panaméen pour se débarrasser de son encombrante épave ? Pourquoi enfin avoir menti sur le tonnage d'amiante contenu dans le navire ?

En bafouant le droit international, le droit européen et la convention de Bâle qui régulent le transport des déchets dangereux, le gouvernement a mis sérieusement en cause l'image de la France dans le monde. Aussi est-il grand temps que nous développions une filière de dépollution de nos navires en fin de vie. Après un tel fiasco, le Clemenceau ne peut qu'être désamianté en France, selon notre législation.

Il n'aurait jamais dû en être autrement.

11 février 2006

Une immigration sélective

La "crise des banlieues" a relancé le débat sur l'immigration en France. La récente présentation de mesures "pour une immigration choisie" par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy vise à mettre cette question au coeur du débat politique. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la droite essaie de rejouer là le coup de la sécurité de 2002.

Aussi est-il nécessaire de rappeler qu'il n'y a pas de déferlante migratoire. En fait, les flux migratoires actuels sont nettement inférieurs à ceux du milieu des années soixante-dix. La France n'est pas un pays d'immigration massive. Avec une natalité élevée, notre pays est le seul grand Etat européen où la contribution de l'immigration à la croissance démographique reste très minoritaire depuis une décennie.

Les principales mesures du projet de loi visent à limiter le regroupement familial, à rendre encore plus difficile l'octroi d'un titre de séjour et à attirer les étrangers les plus qualifiés. Cette dernière proposition à au moins le mérite d'être claire. Un bon immigré pour l'économie française est celui que nous n'avons pas à former. Ce projet de loi n'a pas pour but de freiner l'immigration clandestine, mais de sélectionner les immigrés.

Les plus pauvres continueront de tenter leur chance par tous les moyens pour entrer sur notre territoire. Tant pis, si pour eux une régularisation à terme s'avérera très difficile. Ces mesures proposées fabriqueront des sans-papiers et restreindront le droit des immigrés. Nous n'aurons ensuite qu'à leur offrir des charters pour nulle part. Il faut bien satisfaire à la démagogie électorale.

Le propos n'est donc pas la mise en place d'une politique équilibrée de la maîtrise des flux qui nécessiterait des partenariats de développement avec les pays d'origine, mais de faire face à la pénurie annoncée de main d'oeuvre dans bien des secteurs de notre économie. En clair, Messieurs Villepin et Sarkozy veulent instaurer une pratique des quotas qui s'ignore.

08 février 2006

Outreau ou l'impératif de l'audience

Outreau, ses amants diaboliques, sa boulangère, son juge et son barnum télévisé. Il n'y aurait pas eu autant de vies brisées et d'enfants violés que l'on pourait tourner en dérision le spectacle de ces parlementaires qui font mines de découvrir les dysfonctionnements de la justice.

Le juge Burgaud doit se sentir bien seul face à ses accusateurs. S'il ne peut être exempté de sa responsabilité, cela n'en est pas moins tout un système qui a failli et qui a accouché de la catastrophe judiciaire la plus retentissante de ces dernières années.

Est-il réellement nécessaire de tenir,  sous l'oeil des caméras, cette mascarade d'enquête parlementaire pour comprendre comment tous ces innocents ont fait tant d'années de prison ? L'erreur judiciaire ne risque-t-elle pas de se doubler d'un lynchage médiatique ?

Après avoir crié avec les loups contre les accusés d'Outreau, la sphère médiatique a trouvé un autre agneau à dévorer. L'impératif de l'audience a des exigences que l'esprit des lois ignore.

07 février 2006

Ensemble contre le CPE

Dsc00334 30 000 manifestants ont battu le pavé parisien contre le CPE. Sans être un raz-de-marée, cette manifestation est un succès. Elle a rassemblé de nombreux jeunes et l'essentiel des organisations syndicales et politiques de gauche. Les présidentiables du PS (DSK et Fabius) sont venus faire un petit tour avant la séance de l'Assemblée nationale et Jean-Luc Mélenchon nous a accompagné, à un train de sénateur, jusqu'à République. C'est le moins qu'il pouvait faire. Une manifestation est toujours l'occasion de retrouver des amis dont on a perdu la trace. La tradition a été une nouvelle fois respectée. Vous trouverez quelques images choisies dans l'album : "Ensemble contre le CPE".

06 février 2006

Le sommet de la gauche

Collines "A l'initiative d'Alternative Citoyenne, de la Gauche Républicaine, du MARS, du MRC, du PCF, du PRG, du PS, de Régions et Peuples Solidaires, des Verts, des organisations politiques de gauche et des écologistes, un sommet de la gauche se tiendra le 8 février à 10h30, à la Mutualité, à Paris.

Cette rencontre sera l'occasion d'aborder trois points :

la riposte commune au CPE et à la politique du gouvernement en matière d'emploi ;

l'organisation de la riposte à la droite de manière permanente ;

l'organisation, ensemble, avec la population, de débats sur des propositions alternatives pour 2007."

Cette réunion marque enfin une prise de conscience des forces de gauche. On ne peut plus continuer à défendre ces petits intérêts partisans. La situation politique, économique et sociale du pays exige une large union préparée autour d'un projet commun.

Des réponses doivent être apportées à la précarisation d'une partie de nos concitoyens et aux méfaits de la mondialisation, aux menaces écologiques qui pèsent sur notre planète, à notre système politique de plus en plus déséquilibré.

Si cela ne devait pas être le cas, nous nous condamnerions à l'impuissance et à de longues années d'opposition. A chacun de prendre ses responsabilités !

04 février 2006

Le budget de la région Ile-de-France est voté

Dsc00332 Après cinq jours et quatre nuits de travail, nous venons de voter notre budget. Les transports, l'enseignement secondaire et la formation professionnelle, le logements, constituent les priorités de l'année 2006.

Dans un contexte difficile, marqué par la stagnation économique et le désengagement de l'Etat, nous continuerons d'honorer nos promesses de campagne. La presse a notamment fait état hier de l'amendement sur la tarification sociale dans les transports.

Après la nomination de nos représentants au STIF, La gratuité pour les chômeurs et les plus démunis sera progressivement mise en oeuvre.  La région participera à cette initiative à hauteur de 50 millions d'euros par an.

Vous pouvez en allant sur le site du groupe socialiste lire les interventions des élus socialistes dans le débat budgétaire : www.ps-idf.com

Un petit album photographique résume quelques moments de ces folles journées et nuits. Vous y reconnaîtrez probablement certains de vos élus.

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