Le Mécanisme européen de stabilité divise la gauche, mais sans recréer le clivage du référendum de 2005 : Le Front de gauche, communistes en tête, a voté contre ; les écologistes se sont aussi opposés à sa création dans un premier vote tout en s'abstenant ensuite sur les détails du mécanisme, tandis que le PS faisait avec constance le choix de l'abstention. Le MES, qui doit entrer en activité au début du mois de juillet en vertu d’un traité signé le 30 janvier, est destiné à prendre le relais de l’actuel Fonds européen de solidarité (FESF). Il disposera d’une capacité de 500 milliards d’euros pour les pays européens en difficulté. C’est indiscutablement un progrès par rapport au FESF. Comme le souligne Pierre Moscovici (directeur de campagne de François Hollande), « le MES est plus réactif et ne va pas exiger, pour chaque décision, des jours et des nuits de palabres entre dirigeants ». En revanche, il souffre aux yeux des socialistes d’un handicap, outre certaines insuffisances techniques, il est lié au traité de stabilité budgétaire. Un traité que François Hollande veut renégocier pour lui adjoindre un volet sur la politique de relance. On peut comprendre le « oui à la solidarité et le non à l’austérité » que revêt le vote des députés socialistes, mais l’abstention est-elle pour autant le bon choix quand on refuse d’inscrire la règle d’or de l’équilibre budgétaire dans la constitution ? En effet, le MES est clair sur ce point : les pays qui voudront bénéficier de l’aide qu’il permet auront l’obligation d’inscrire la règle d’or dans leur constitution. Je n’ai pas entendu les orateurs socialistes expliquer lors du débat parlementaire que, dans l’hypothèse d’une renégociation du traité, serait supprimée du texte cette disposition. La cohérence aurait voulu que la gauche dans son ensemble refuse le MES, mais cela était sûrement trop pour une partie non négligeable des députés socialistes qui souhaitaient l’approuver. La construction européenne, depuis son origine, a toujours divisé la gauche et le parti socialiste. En pleine campagne pour l’élection du Président de la République, le parti socialiste a maintenu son unité, tout en ne s’éloignant pas trop du Front de gauche. Un choix tactique qui préserve l’avenir.
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