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08 mai 2008

Mai 68 liquidé par les éditeurs ?

Mai_68 Ils flairaient tous le bon coup éditorial : « Mai 68, quarante ans après, ça coco, ça vaut son pesant de cacahuètes ! ». L’année dernière, Nicolas Sarkozy avait allumé le feu en parlant de « liquider 68 » avec le succès polémique que l’on sait. Il suffisait désormais de s’engouffrer dans la brèche et de solliciter les acteurs, les témoins et même ceux qui n’ont rien vu pour signer l’opuscule qui devait rapporter le pactole. Le contenu ? Tout le monde s’en moque. L’important, c’est qu’il y ait en bien gros sur la couverture : Mai 68. Paresseusement, Cohn-Bendit s’y colla avec un entretien bâclé entre deux préfaces. Régis Debray fit mieux dans la fainéantise. Il accepta qu’on réédite son brûlot de 1978. Lui qui, trop occupé en Amérique latine et déjà en retard d’une génération, n’en démord toujours pas sur le caractère « libéral » du mouvement. Les incontournables coauteurs de Génération, Hamon et Rotman, chacun de leur côté, y vont aussi de leurs pages noircies à la hâte. Que dire des Glucksmann, père et fils, qui pour essayer de se faire entendre, à défaut de se faire lire, expliquent sans rire que Nicolas Sarkozy serait devenu la meilleure incarnation subversive du pays ? On est mal, très mal ! Evidemment, dans cette orgie de papier, quelques ouvrages méritent notre indulgence : ceux de Virginie Linhart sur son père et de Serge Audier sur la pensée anti-68. Le premier par l’émotion qui s’en dégage et sa qualité d’écriture, le second par son intelligence et sa rigueur d’exposition surnagent dans ce flot boueux. Il n’y a néanmoins pas de quoi nous réconcilier avec une stratégie éditoriale qui vise pour l’essentiel à vendre le plus de papier possible les jours de commémoration. Mais les voies du commerce sont parfois impénétrables. Il arrive que rien ne marche comme prévu. Les « faux livres » sur 68 confinent à l’indigestion et les lecteurs se font rares. Les éditeurs ont-ils réussi là où Nicolas Sarkozy avait échoué : à écœurer les Français de Mai 68 ? On verra bien dans dix ans !

Virginie Linhart, Le jour où mon père s’est tu, Seuil, 2008.

Serge Audier, La pensée anti-68, La Découverte, 2008.

30 avril 2008

Pouvoir d’achat : les coups en douce !

Le gouvernement précédent avait fait du développement des services à domicile une de ses priorités pour l’emploi. Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher expliquaient que la démographie du pays, caractérisée par l’allongement de la durée de la vie et le vieillissement de la population, créaient un véritable gisement d’emplois pour peu qu’on l’encourage par la simplification des procédures d’embauche pour les particuliers et quelques dégrèvements fiscaux. Cela fut fait sous la forme du chèque emploi service universel (CESU). Outre une déduction d’impôt conséquente, en réglant par CESU leur personnel de maison, les personnes âgées de plus de 70 ans, les titulaires de la carte d’invalidité à 80%, les parents d’un enfants handicapé étaient exonérés de certaines cotisations patronales de sécurité sociale, notamment celles concernant les accidents du travail. Au 1er janvier 2008, cette exonération ne s’applique plus ! De plus, cette cotisation passe de 3,50 à 3,70%. C’est probablement - après l’augmentation des produits alimentaires, du fuel et du gaz - ce que le gouvernement Fillon appelle donner du pouvoir d’achat aux pauvres, aux personnes âgées et aux handicapés !

21 avril 2008

Les échos du conseil n° 22

Dsc00332 Après un hommage émouvant rendu par le président et l’assemblée à Nicole Touquoy-Morichaud (conseillère régionale-Yvelines) qui vient de nous quitter, la séance plénière du Conseil régional des 17 et 18 avril 2008 a été marquée par deux temps forts : la présentation du rapport de la commission « Scenarii pour la métropole Paris-Ile-de-France » et le vote des trois premiers contrats particuliers avec les départements.

1) Le débat sur le « Grand Paris », relancé de manière spectaculaire par le discours de Nicolas Sarkozy en juin 2007, a entraîné la constitution en octobre 2007 d’une commission de 19 élus du conseil régional désignés à la proportionnelle des groupes. Cette dernière, présidée par le président du groupe socialiste Jean-Paul Planchou, s’est interrogée sur la nécessité d’une organisation et d’une gouvernance spécifique pour le cœur de l’agglomération. Après avoir auditionné une trentaine d’experts et de personnalités politiques, elle a présenté ses conclusions à la presse le 3 avril. Pour la commission, il n’est pas question de créer une structure supplémentaire, d’ajouter une « tranche au millefeuille institutionnel ». Il ne peut y avoir de solutions réelles et durables aux enjeux posés : habitat, transports, attractivité… que s’ils sont pris dans le cadre de l’espace régional. Pour Jean-Paul Planchou : « il n’y aurait rien de plus passéiste et rétrograde que d’opposer le devenir de la métropole centrale à celui de la région ou d’instaurer de nouvelles portes d’octroi ». Le rapport fait dix propositions pour « une nouvelle cohérence métropolitaine ». Parmi les plus significatives figurent la structuration de la Conférence métropolitaine en un organisme de pilotage pour l’aménagement et la coopération locale, l’élargissement des compétences du syndicat des transports d’Ile-de-France à l’ensemble des déplacements et enfin, la création d’une autorité organisatrice du logement. Elle aurait pour mission, par convention avec l’Etat, d’assurer la cohérence entre programmation de logements, développement de l’offre foncière et répartition des financements. Le dernier volet du rapport porte sur la solidarité financière. Deux solutions sont envisagées : la mise en place d’une taxe professionnelle unique au niveau de la région ou le renforcement du fonds de solidarité de la région Ile-de-France. Ce rapport, comme l’a souligné dans leurs interventions chacun des représentants des groupes, fait avancer le débat. Il a le mérite de faire des propositions cohérentes.  Un certain consensus s’est dégagé à la satisfaction de Jean-Paul Huchon. Le travail de la commission ne s’arrêtera probablement pas là.

2) A l’issue de la signature du contrat de projet Etat-région (2007-2013), la région a souhaité poursuivre une politique de contrats particuliers avec les départements pour renforcer son intervention au service des Franciliens. Les trois premiers contrats viennent donc d’être votés. Ils concernent l’Essonne, la Seine-et-Marne et les Yvelines. Ils portent chacun sur un engagement global de 200 millions d’euros. Pour l’Essonne et la Seine-et-Marne, cette somme pourrait être portée respectivement à 260 millions et à 238 millions. L’effort essentiel porte sur les déplacements, à l’exemple du contrat particulier avec les Yvelines. Une seule opération est inscrite. Il s’agit, pour un engagement réparti à égalité entre la région et le département,  de réaliser la tangentielle Ouest afin de relier Achères (RER A) à Saint-Cyr (RER C) via la grande ceinture ouest et Saint-Germain-en-Laye. Un projet qui devrait permettre de faciliter les déplacements de banlieue à banlieue dans les Yvelines. Un amendement de l’exécutif prévoit sans modifier l’équilibre du contrat particulier de mandater le président de la région pour faire accélérer le prolongement du RER C de Saint-Quentin à Coignières inscrit au SDRIF en obtenant de l’Etat des financements complémentaires. Il est évident que cette opération, à laquelle 25 millions d’euros pour les études sont déjà alloués, ne peut être intégralement financée par la région. La prolongation est aujourd’hui estimée à près de 350 millions d’euros. Le plus curieux dans cette affaire, c’est que l’ensemble des groupes ont voté cet amendement, à l’exception du FN (abstention) et de l’UMP (qui n’a pas participé au vote). Décidément le maire UMP de Coignières, Henri Pailleux, peut compter sur ses amis !

Nous pouvons pour conclure signaler en matière d’environnement et de développement durable l’adoption par l’assemblée de deux rapports intéressants :

Ø      Un nouveau plan régional de prévention du bruit adaptant les aides régionales à la directive européenne du 25 juin 2002 imposant aux Etats membres la mise en place de cartes stratégiques du bruit (CSB) et de plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE).

Ø      Un nouveau dispositif incitatif d’aides aux collectivités locales dans le domaine de l’habitat et du tertiaire pour la relance de la géothermie en Ile-de-France.

20 avril 2008

La faim sans fin ?

17675winnowingricetanzaniacreditfao Le spectre de la faim revient en force depuis plusieurs mois. « Si les prix de l’alimentation continuent à augmenter, (…) des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim », affirmait la semaine dernière Dominique Strauss-Kahn (Directeur du FMI). La situation est de plus en plus tendue et des émeutes éclatent dans les pays du Sud. Ce fut le cas ces derniers jours à Haïti, en Egypte, au Bengladesh, au Cameroun... Depuis juin 2007, le coût des produits alimentaires a augmenté de plus de 55%. Cette hausse ne fait que commencer tant elle semble liée au développement des biocarburants, à la spéculation sur les cours des matières premières agricoles, à l’évolution des modes de vie et au bouleversement du climat. Ce constat n’incite pas à l’optimisme. L’ONU, dans une note interne, évoque l’incapacité du système d’aide d’urgence à faire face à une crise d’une ampleur jamais connue. Une mobilisation mondiale est nécessaire pour enrayer l’explosion de l’insécurité alimentaire. Mais les pays repus du Nord sont-ils prêts à consentir les efforts nécessaires ? On peut en douter quand on voit dans quelle indifférence ces dernières années le problème alimentaire a été évoqué. S’il prend un tour plus aigu depuis quelques mois, on en oublierait presque qu’en vingt ans jamais la faim et la malnutrition ne furent en régression. Aujourd’hui, c’est près d’un milliard d’êtres humains qui en souffre. Il ne s’agit pourtant pas d’une incapacité à nourrir tout le monde. Notre planète peut très bien porter les récoltes suffisantes pour faire face à une plus grande demande de produits alimentaires. Mais pour cela il faudra bien sortir du système commercial actuel qui fonctionne à l’avantage des pays les plus riches et au détriment des pays les plus pauvres. Quand le FMI impose toujours des plantations d’exportation aux pays du Sud pour leur permettre de payer les intérêts de la dette aux banques des pays du Nord ou quand les Etats-Unis et l’Europe pratiquent les subventions à l’exportation qui laminent les marchés agricoles locaux, le combat est décidément trop inégal. Les déclarations d’intention ne suffiront pas à nourrir l’humanité, il faut des actes et vite !

08 avril 2008

Paris sans flamme, Paris s'enflamme

Images Un dispositif rapproché, des forces de l’ordre omniprésentes, et pourtant la flamme olympique n’est pas passée. De nombreux manifestants déterminés ont empêché le bon déroulement de la cérémonie parisienne. Les jeux donnés à la plus grande dictature du monde font des vagues. Il y a bien sûr quelques beaux esprits…olympiques pour regretter qu’une manifestation symbole de paix ait pu ainsi dégénérer. « Mêler le sport et la politique », vous vous rendez compte. Et bien oui ! Nous pouvons peut être regretter le fiasco d’hier, mais il était prévisible. Les Parisiens ont refusé de cautionner l’occupation du Tibet, les arrestations nombreuses des militants des droits de l’homme en Chine et plus largement le régime communiste chinois qui se croit intouchable. Qu’on ait vu sur les drapeaux agités au passage du cortège plus de menottes que d’anneaux olympiques prouve que la propagande chinoise ne prend plus. Fallait-il accorder les jeux à Pékin sans aucune contrepartie, sinon la promesse d'être vigilant sur les atteintes aux droits de l'homme ? Promesse que le comité olympique et son président se sont empressés d'oublier. Aujourd’hui, ils en paient le prix avec, et cela est plus regrettable, tout le mouvement sportif. Paris sans flamme, mais Paris s’enflamme pour la bonne cause : celle du Tibet et des droits de l’homme. Au fait, qu’en dit le Président de la République ? Rien jusqu’à cette heure ! Lui aussi semble avoir perdu la flamme !

06 avril 2008

Le dépeçage inefficace de l’Etat

Nous y sommes comme prévu. Le plan de rigueur vient d’être annoncé par Nicolas Sarkozy. Le gouvernement, qui s’est entêté dans une politique économique déconnectée des réalités du pays, pouvait-il faire autrement ? Les cadeaux fiscaux aux plus riches ont un coût qu’il faut aujourd’hui payer cash. Le déficit public a atteint les 2,7% du produit intérieur brut. La dette a dépassé les 1210 milliards d’euros et représente plus de 64% du PIB. Il ne reste plus en bonne logique gouvernementale qu’à couper dans les dépenses.  Près de 7 milliards d’économie sont annoncées. Le logement, la santé, l’emploi, l’éducation et la formation vont en faire les frais. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est ainsi réaffirmé. Cela se traduira par la poursuite de la suppression des postes dans l’Education nationale, le secteur hospitalier et la police. Autant de domaine, comme chacun sait, où il y a pléthore de fonctionnaires payés à ne rien faire ! Le discours sur la « modernisation » de l’Etat pourrait être compris du plus grand nombre s’il ne s’agissait pas dans les faits de procéder à son dépeçage. Qui peut être contre la fin du saupoudrage inefficace des aides et un recentrage sur les personnes qui en ont le plus besoin ? Qui peut être contre une meilleure collaboration entre l'Etat et les collectivités territoriales (communes, départements, régions) pour mettre en œuvre les politiques publiques ? Mais est-ce réellement de cela dont il est question ? On peut en douter quand l’objectif avoué est d’abord le retour à l’équilibre des finances publiques pour 2012 et de tenir avec deux ans de retard les engagements européens de la France ! Avant d’hypothéquer l’avenir par des coupes claires dans les budgets de l’éducation, la formation, la santé, le logement, ne serait-il pas préférable d’annuler la quasi-totalité du « paquet fiscal » adopté en 2007 ? Cette mesure permettrait de retrouver une marge de manœuvre de 15 milliards d’euros par an à partir de 2009. La moitié de cette somme pourrait être ainsi consacrée au désendettement de l’Etat et l’autre moitié irait au pouvoir d’achat. Revalorisation de 50% de la prime pour l’emploi, réduction du taux de TVA sur les produits de première nécessité, rattrapage du smic et progression de 5% des petites retraites seraient dès lors possibles. Nous pourrions ainsi assainir nos finances, mieux répartir les efforts et relancer la consommation en répondant aux préoccupations des Français.

24 mars 2008

Un peu de dignité et de courage face à la répression chinoise au Tibet

Tibet Depuis plus d’une dizaine de jours, la Chine mène au Tibet une répression sans concession. Un important déploiement militaire se poursuit dans la « région autonome » après les violences de la semaine dernière qui ont fait plus d’une centaine de morts. La Chine ne semble pas prête de mettre un terme à sa domination coloniale sur cette région du monde. Outre la relation ancestrale entre les deux Etats, c’est bien parce que le Tibet représente pour la Chine un enjeu géostratégique de grande importance que cette dernière est aussi intraitable. Le Tibet historique représente un quart de la Chine, dix des plus grands fleuves d’Asie y prennent leur source et les ressources minières s’y trouvent en grande abondance. Pour les Chinois, perdre le Tibet porterait en germe la désintégration de leur empire multiethnique. Depuis 1949 et l’affirmation par Mao Zedong de la souveraineté de la Chine sur le Tibet, ce dernier est entièrement dépendant des investissements et des subventions chinoises. Un « génocide culturel », selon l’expression du dalaï-lama, est en passe d’être accompli. La langue est en danger : dans la « région autonome », l’enseignement est en chinois à partir du collège et le tibétain n’est plus utilisé dans l’administration. Les photographies du dalaï-lama sont interdites en public comme en privé, les fonctionnaires d’Etat n’ont pas le droit de pratiquer et des cours d’éducation patriotique sont dispensés dans les monastères. Nous serions aujourd’hui en droit d’attendre de la France, « pays des droits de l’Homme » des mesures concrètes pour protester au moins contre la répression de ces derniers jours. Le premier ministre britannique a dit qu’il recevrait le dalaï-lama à Londres au mois de mai. Berlin a annoncé le gel des discussions sur les questions de « développement » avec la Chine en signe de protestation. La France n’a fait que demander un meilleur accès des journalistes au Tibet et a appelé à un dialogue entre Pékin et le dalaï-lama. Voilà une intervention qui ne nuira pas au développement de relations commerciales avec la Chine et cela d’autant plus que l’Elysée reste favorable à une levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine décidé au lendemain du massacre de Tiananmen en 1989. L’étendard des droits de l’Homme aurait pu être mieux déployé par un pays qui se vante d’en avoir été l’inventeur. Alors parler de boycott des jeux olympiques, voire de la seule séance d’ouverture, vous n’y pensez pas. Nicolas Sarkozy s’est engagé auprès du président chinois Hu Jintao à se rendre en Chine pour les jeux ! Face à une telle mascarade, il est urgent de faire pression sur l’Elysée pour que notre pays retrouve la voie de la dignité et du courage. A quand le dalaï-lama reçu officiellement en France ? Le boycott des jeux olympiques n’est peut-être pas l’action la mieux appropriée, mais que le Président de la République ne se rende pas, par exemple, à la cérémonie d’ouverture, pourrait être un geste fort de protestation contre une répression chinoise dont la violence est de plus en plus patente.

14 mars 2008

La droite fait peur pour sauver les meubles !

La droite fait feu de tout bois pour ne pas voir l’avertissement de la semaine dernière se transformer en vote sanction dimanche. A quelques heures de la fin de la campagne, les déclarations de ses responsables se multiplient pour mettre en garde les Français contre une victoire trop nette de la gauche. Deux arguments reviennent en boucle : l’augmentation des impôts et la suppression des subventions de la part des conseils généraux et régionaux dirigés par la gauche aux communes où le maire serait de droite. Le Premier ministre n’hésite pas, avec le grand sens politique qui le caractérise, à faire passer le message. Il paraît que des élus locaux se sont plaints à lui de souffrir de discrimination de la part de ces affreux socialo-communistes. Selon Henri Pailleux, maire de Coignières et en grande difficulté pour sa réélection dans le canton de Maurepas, « au Conseil régional (Ile-de-France), il faut faire partie du cercle de famille pour en obtenir certaines (subventions) ». Le problème est que ce maire espère obtenir des subventions sans en faire la demande. Si ce cas de figure est un chef d'oeuvre de bêtise, il n’en témoigne pas moins de la très mauvaise foi de certains élus qui n’hésitent pas à essayer de faire assumer aux autres leur peu de dynamisme. Je ne pense pas que le maire UMP de Rambouillet, Gérard Larcher, ait à se plaindre de l’absence de subventions régionales. Ni d’ailleurs le maire UMP de Meaux Jean-François Coppé, ville qui a le plus bénéficié en Ile-de-France de ces mêmes subventions depuis 2004 ! Ce procès, instruit par un Premier ministre en exercice et repris par des élus UMP inquiets pour leur réélection, est indigne. Il traduit bien le désarroi politique dans lequel se trouve aujourd’hui la droite. La seule réponse que les électeurs puissent apporter dimanche, c’est de voter massivement pour les candidats de la gauche.

12 mars 2008

Le Der des Ders est mort

La mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu français de la guerre de 1914-1918, sonne la fin de toute mémoire directe sur un événement qui ensanglanta le début du XXe siècle. L’avènement de la guerre totale fit entrer le monde dans l’ère de la propagande de masse et prépara le lit du fascisme, du nazisme et du bolchévisme. Ce fut une certaine image de l’homme et de la civilisation qui fut remise en cause par ce conflit. La confiance dans le progrès s’en trouva profondément altérée. Pourtant, notre mémoire collective ne retient encore aujourd’hui de ce conflit pour l’essentiel que les conditions de vie et de mort des soldats dans les tranchées. La boue, le froid, les offensives meurtrières, mais aussi la camaraderie du front, les monuments aux morts et les « gueules cassées », appartiennent en propre aux principaux récits de la Grande Guerre. Longtemps hostile à des obsèques nationales, Lazare Ponticelli avait fini par se laisser convaincre à condition que l’ensemble des 8,5 millions de combattants français de 14-18 y soient associés. Le Der des Ders s’en est allé à 110 ans le devoir accompli, lui qui n’a jamais rien demandé. La nation peut-elle s’en souvenir ?

29 février 2008

Pouvoir d’achat : impuissance ou absence de volonté ?

Dsc00396_3 Le pouvoir d’achat des Français est devenu ces dernières semaines un des principaux sujets de débat. Il est vrai qu’il avait déjà été au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle. L’intérêt pour cette question rebondit aujourd’hui au vu des résultats de l’enquête de l’UFC-Que choisir qui annonce des hausses allant au-delà de 40% pour certains produits alimentaires. La ministre de l’économie et des finances a bien tenté de désamorcer la bombe en se rendant dans un hypermarché pour vérifier les prix. Le Premier ministre vient aujourd’hui de reconnaître qu’il existe un problème. Il aura donc fallu au gouvernement près d’un an pour se rendre à l’évidence : les prix augmentent, les salaires stagnent et le pouvoir d’achat moyen des Français ne progresse plus, voire diminue pour certaines catégories sociales. Qu’attend alors le gouvernement pour agir ?  Son impuissance actuelle est liée avant tout à son inaction. Le pouvoir d’achat peut se défendre sur deux fronts : les prix et les revenus. Pour augmenter ces derniers, il dispose de quelques leviers : salaires du public, minima garantis (smic, retraites), allocations familiales, allègements fiscaux et sociaux. Pour les prix dans une économie de marché, c’est plus difficile. Pourtant, ce qui aujourd’hui conduit à une hausse scandaleuse de certains prix relève avant tout des ententes illicites entre les grands groupes de l’agro-alimentaire et de la distribution. La concurrence est en fait faussée pour éviter toute baisse des prix et garantir aux actionnaires les rémunérations les plus élevées. Les consommateurs sont donc les victimes de pratiques mafieuses. La hausse du prix des matières premières est aussi devenue le prétexte d’une augmentation indécente des marges réalisées. Est-il normal qu’une salade achetée au producteur 12 centimes d’euro puisse être revendue jusqu’à 1,5 € au prétexte que les cours du pétrole flambent ! Nous connaissons ces pratiques depuis longtemps. Il n’est pas très compliqué de lutter contre en activant les services de la concurrence et des prix, ainsi que ceux de la répression des fraudes. Faut-il encore se donner les moyens d’être efficace en renforçant les équipes chargées des contrôles ! Nul doute que notre « président du pouvoir d’achat » aura à cœur de réaliser sa promesse.

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